CARNET DE VOYAGE/décembre 1999

Noël à VIENNE, capitale de la valse

Quelle autre ville au monde saurait mieux allier le rythme de la valse, la tradition musicale, et le raffinement ?
Vivre Noël à Vienne, c'est savourer des instants de rêve, où le romantisme s'harmonise avec le prestige de l'Empire.

Par Cécile Bordeau

Vendredi 17 décembre

Après quelques soucis les jours précédents, dûs notamment à la grève des avitailleurs dans tous les aéroports français, notre voyage débute, en réalité, le 17 décembre, notre vol partant cette année, de Nice.
Parties d'Aix en voiture, en début d'après midi, nous arrivons vers 16 heures à l'aéroport de Nice, pour effectuer les formalités relatives à l'embarquement de Lakmé.
Nous nous installons ensuite pour la nuit à l'Etap Hôtel de la Promenade des Anglais.

Samedi 18 décembre

Levées très tôt (5 heures), après une promenade pour Lakmé et un copieux petit déjeuner, notre avion, un Canadair Regional Jet (Vol FU 515), à destination de Vienne décolle à 8h50, et notre atterrissage s'effectue à 10h15.
De l'aéroport, nous prenons le bus (qui dessert la Westbahnhof) à 11h10. Après environ 40mn de trajet, nous arrivons à l'hôtel KUMMER.
Après une brève installation dans ce sompteux palace, situé au coeur de la Mariahilfer Strasse, une des plus grandes artères commerçantes de la capitale, nous nous dirigeons vers le petit marché de Noël pour nous y restaurer (vin chaud, saucisses).
Réchauffées, car il fait assez froid ce jour-là, il est désormais temps de commencer notre découverte de Vienne.

"L'ancienne et puissante capitale de l'Empire d'Autriche-Hongrie, au temps des des Habsbourg, est restée la capitale de la République d'Autriche et compte 1,5 millions d'habitants.
 
Ville d'art, Vienne est particulièrement riche en palais et monuments baroques, construits au XVIIème et XVIIIème siècle. Au temps du Chancelier Metternich et du  Congrès de 1815, Vienne devint une métropole brillante et amusante, où ses bals et ses valses connurent un succès sans précédent auprès d'une aristocratie accourue de toute l'Europe.
A la fin du siècle dernier et au début de ce siècle, elle fut plutôt le siège d'une intelligentsia internationale ouverte aux idées nouvelles, notamment dans le domaine social. Malgré le bouillonnement infligé pendant la période du 1938 à 1945 puis la douloureuse renaissance de l'après guerre, Vienne a su conserver son atmosphère de capitale de l'Europe centrale. Avec un zeste de nostalgie, elle cultive un indubitable art de vivre et un entrechoquement des styles architecturaux, toujours renouvelé."
Nous allons ainsi (en métro) sur la Stephansplatz, pour y découvrir la Cathédrale St Etienne
(Stephansdom, ou Steffl, comme l'appellent affectueusement les Viennois).
La Cathédrale Saint-Etienne est le centre de la vie et de l'histoire de Vienne. Elle est construite sur le site d'une basilique romane (1147) qui se trouvait à l'époque juste en dehors des fortifications.
Des sculptures gothiques ornent l'extérieur de la cathédrale et les tuiles vernissées jaunes et noires du toit forment des motifs en chevrons d'un effet saisissant.
La grande tour Saint-Etienne s'élève à 137 mètres: c'est un merveilleux exemple de gothique germanique.

       Photo FC

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Nous parcourons ensuite les artères commerçantes (dont celle d'Am Graben, où se dresse le monument de la Pestsaüle, et dans laquelle a été réalisée une couronne de l'Avent géante).
Nous atteignons ensuite le petit marché de Noël de la Freyung, ainsi que le Palais Ferstel et le Freyung Passage.
A deux pas, se trouve le Café Central, haut lieu de la tradition des cafés viennois, où nous décidons de faire halte pour déguster café et thé.
La tradition des Kaffehäuser remonte au XVIIème siècle, quand un Hongrois ouvrit, dans la Domgasse, un établissement à l'enseigne de la Croix Rouge (Zum Roten Kreuz). Le café avait été pris aux Turcs. A l'époque de Marie-Thérèse, la ville était pleine de cafés, élégants ou louches, où membres de la petite noblesse et intellectuels se rencontraient pour passer le temps. Certains établissements avaient une clientèle spécifique- peintres, écrivains, hommes politiques - mais tout le monde se retrouvait dans les cafés les plus importants (le Griensteidl, le Café Central ou le Herrenhof).

Après un déclin qui a suivi la guerre, ils jouissent d'un regain de faveur.
En ce qui concerne le breuvage proprement dit, l'imagination viennoise ne semble guère avoir de limites dans ce domaine, et il existe plus d'une trentaine de façons de le préparer. Les Kaffehäuser sont aujourd'hui des passages obligés de la vie viennoise, où l'on peut faire une halte entre deux visites devant un café et un Apfelstrudel ou une Torte, y lire la presse mise à disposition des clients et même s'y arrêter plus longtemps pour déjeuner ou dîner d'une spécialité.
Réchauffées, car il fait assez froid ce jour-là, nous décidons d'aller au Marché de Noël du Rathaus (Wiener Christkindlmarkt), où le spectacle des arbres décorés et des illuminations du Rathaus est grandiose. (les fenêtres du Rathaus servent de calendrier de l'Avent à la Ville de Vienne).
Le Neues Rathaus (Hôtel de Ville) : De style néo-gothique, il est inspiré de l'hôtel de ville de Bruxelles. Le vaste parc situé devant sa façade est le théâtre de manifestations diverses: cinéma et concerts de plein air en été, marché de Noël en hiver.
Après avoir longuement sillonné les allées du Marché de Noël, nous décidons de revenir à l'Hôtel par les rues commerçantes en pleine effervescence. Nous reprenons ensuite le métro, avant d'aller dîner à la Cave Esterhazy. Il est assez difficile d'y trouver une place et à l'évidence, cet endroit est particulièrement apprécié des Viennois (on ne se précipite pas, d'ailleurs, pour nous laisser une place, loin s'en faut, mais nous n'en dirons pas plus sur ce petit faux-pas autrichien, ayant eu, par ailleurs, d'autres occasions de remarquer l'extrême et pourtant habituelle courtoisie des Autrichiens ; sans doute était-ce ce jour-là, l'exception qui confirmait la règle).
Après un bon repas (on se sert au buffet), coucher à 21 heures.

Dimanche 19 décembre

Levées à 6 heures, nous prenons notre petit déjeuner à l'Hôtel dans un cadre particulièrement agréable et où tout est fait pour que cette journée commence sous les meilleurs auspices.
Profitant toujours du métro (particulièrement sécurisant et propre), nous décidons d'aller découvrir la Votivkirche.
Nous visitons ensuite la "Figarohaus”, la maison où Mozart a vécu, située derrière la Cathédrale St Etienne.
Après quelques brèves auditions d'oeuvres célèbres de Mozart, nous continuons notre périple culturel viennois et allons visiter le "Kaisergruft”, c'est à dire la Crypte des Capucins, où reposent tous les souverains de l'Empire Autrichien, et notamment bien sûr l'Empereur François-Joseph, l'Impératrice Elisabeth (Sissi) et leur fils Rodolphe, mort à Mayerling dans des circonstances restées encore mystérieuses à ce jour.
Nous déjeunons à la Cafétéria Rosenberger, à l'angle de la Kärtnerstrasse.
Ici, rien à voir avec les caféterias françaises. Réparties sur trois niveaux, les salles sont toutes différentes, avec leurs mobiliers et leurs styles tous différents. On pourrait y déjeuner ou y dîner tous les jours de la semaine, sans jamais avoir l'impression de manger dans le même restaurant.
Pour ce qui est du self en lui-même, là encore, rien à voir avec nos "cafétérias-cantines" françaises. Il s'agirait ici plutôt d'un marché (cela s'appelle d'ailleurs le "Marché Rosenberger”, où l'on se sert à volonté et de tout dans les petits ilôts d'entrées, de viandes, de légumes, de potages, d'accompagnements divers, de desserts, etc). Le tout, pour un prix fort raisonnable, et plutôt moins cher qu'en France. Bref, un réel plaisir, surtout pour un touriste qui ne maîtrise pas forcément très bien la langue du pays, et qui a souvent quelque mal à déchiffrer le menu dans un restaurant traditionnel.
Restaurées, nous décidons d'aller visiter le Château de Schönnbrunn, en faisant notamment le Grand Tour, c'est à dire la visite des 40 salles.
Au bout de la longue avenue Wienzeile qui part de la Karlsplatz, près du Ring, se trouve le Château de Schönnbrunn, la belle fontaine. Il a été construit à partir de 1696 d'après le projet de Fischer von Erlach, à la demande de Léopold 1er et terminé sous le règne de sa petite fille Marie-Thérèse.
 
A l'origine, l'empereur avait l'ambition de surpasser Versailles, en construisant un gigantesque palais sur la colline de la Gloriette. Par manque d'argent, il décida de se contenter seulement du palais actuel, qui comprend néanmoins 1441 pièces ! 
D'abord construit dans le style baroque, le château sera ensuite réaménagé dans le style rococo par Pacassi, sous le règne de Marie-Thérèse. Il y perdra beaucoup de sa pompe mais y gagnera en grâce.

Le marché de Noël, situé devant le Château nous retient également un bon moment, malgré le froid.
Mais il ne faut pas s'attarder trop longtemps car nous avons ce soir-là des places réservées au Palais Pallfy, pour un concert.


     Photo CB

A ce sujet, on ne saurait parler de Vienne sans évoquer sa vie artistique particulièrement dense.
Les salles de concert sont innombrables, et à ce titre, il est difficile d'imaginer dans quelque autre capitale, une institution culturelle qui occupe la place privilégiée du Staatsoper.
Le Theater an der Wien, le Musikverein, le Konzerthaus font partie des institutions les plus renommées. Une autre, non moins célèbre, est celle des Wiener Sängerknaben (petits chanteurs de Vienne), qui chantent à la messe dominicale et aux jours de fêtes à la Burgkapelle de la Hofburg.
Vienne est aussi le fief de la valse. De nombreux bals sont organisés durant l'hiver. Le clou de la saison étant le Kaiserball (Bal de l'Empereur), donné à la Hofburg à l'occasion de la Saint Sylvestre.
Cette renommée donnée à Vienne par le qualificatif de "capitale de la valse" est indéniablement attachée à Johann Strauss (le Roi de la Valse). Tout à Vienne parle de lui, même s'il ne fut pas le seul musicien à choisir de s'installer dans cette capitale. Aussi, est-il difficile de dire si Vienne est mélomane parce que Mozart, Beethoven, ou Mahler ont choisi d'y vivre, ou si ces grands musiciens ont choisi d'y vivre parce que Vienne était (elle l'est toujours!) mélomane.

Notre concert débute à 20 heures trente précises, la première partie étant consacrée à Mozart, la seconde à Johann Strauss (concert dirigé du violon par Anton Sorokow).
Habillés en costumes d'époque (ce qui ne nous semblait pas forcément nécessaire), les musiciens sont au nombre de six, et sont accompagnés par 2 chanteurs et deux danseurs.
A l'entracte, nos places "VIP"nous donnent droit à un verre de "Sekt”, un mousseux autrichien.
Après ce bon moment musical, nous rentrons à l'hôtel nous coucher, non sans être retournées au préalable, chez Rosenberger, pour y prendre une "Gemüsesuppe”, bien chaude et fort agréable.

Lundi 20 décembre
 
 

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Après le petit déjeuner, nous débutons cette journée, par une excursion en bus avec "Vienna Sightseeing Tours”, pour découvrir la Ringstrasse et les principaux édifices et monuments de la ville.
Autrefois, à l'emplacement du Boulevard circulaire, se trouvait une grande muraille. Mais au XIXème, l'empereur François-Joseph décida d'abattre ces remparts, devenus inutiles car la ville avait largement débordé ce périmètre et d'y faire aménager une large promenade. Il décida la construction de toute une collection de monuments et édifices, véritable anthologie des différents styles architecturaux: Eglise votive et Hôtel de Ville néo-gothique, Parlement néo-antique, Opéra néo-renaissance.
Le point fort du circuit est Schönnbrunn, mais l'ayant déjà visité la veille et étant accompagnées de Lakmé, nous décidons d'aller jusqu'à la Gloriette, d'où l'on a une vue superbe sur le Château et sur Vienne.
Le circuit se termine par un passage devant le Belvédère avant de stopper au Staatsoper (l'Opéra).
Malheureusement, cette dernière partie de circuit fut quelque peu gâchée, car venant juste de quitter le Château de Schönnbrunn, nous nous apercevons avec épouvante, que nous avons oublié les lunettes sur la balustrade de la Gloriette, alors que nous y faisions quelques photos.

       Photo CB

Mais le bus avance et nous sommes déjà loin de Schönnbrunn … Les toilettes étant pratiquement introuvables dans Vienne, un retour à l'hôtel s'impose. Toutefois, la femme de service n'ayant pas fait la chambre, obligation nous est faite de repartir à Schönnbrunn avec 5kg à bout de bras, autrement dit, avec Lakmé dans son panier.
Au bout de six stations de métro et plusieurs changements, et ensuite sous la neige et par moins 8-10°, nous atteignons une nouvelle fois Schönnbrunn. Mais la Gloriette est encore loin, très loin.
D'un pas ferme mais assuré car je sais déjà que les lunettes abandonnées ont été rapportées au Café de la Gloriette, sans doute par un autre touriste compatissant, (le réceptionniste de l'hôtel ayant appelé le Café pour nous), j'abandonne mère et chien dans le hall du Château, pour affronter les rigueurs de l'hiver qui s'accentuent, en sillonnant la colline qui mène à la Gloriette (20mn de montée).
Lunettes en poche, je redescend au pas de charge, et après avoir récupéré mère et chien, nous nous dirigeons d'un pas épuisé et avec un estomac creux vers le premier chalet du marché de Noël, où nous engloutissons derechef, chacune, une portion de Nockerl, arrosée d'un verre de Glühwein et de Pfirsichpunsch.
Nous achetons ensuite des Vanillekipferl (petits croissants à la vanille), et quelques Plätzchen pour les fêtes qui approchent, avant de repartir à l'hôtel.
Revenues dans notre chambre, nous tombons de fatigue dans notre lit, pour s'y endormir un moment.
Nous décidons ensuite d'aller à Grinzing. Après métro, et tramway N°38, nous atteignons ce charmant village de la Forêt viennoise (que nous ne visitons malheureusement pas, étant donné que la nuit est déjà tombée (à 4 heures environ), et qu'il fait de plus en plus froid).

La Wienerwald (Forêt viennoise) commence avec les coteaux d'Heiligenstadt et de Grinzing, et celle-ci forme un vaste arc-de-cercle autour de la ville. Elle s'entrouvre pour laisser place à des vignobles réputés et à de pittoresques villages de vignerons. C'est là que les Viennois vont déguster le vin nouveau dans des guinguettes, heuriger. Ces Heurigen sont soumises à des dates d'ouvertures réglementées (elles doivent en principe fermer lorsque les réserves sont épuisées, même si certaines restent ouvertes toute l'année). Lorsqu'elles sont ouvertes, elles portent l'indication "Ausgesteckt" et un rameau de sapin est suspendu au-dessus de la porte. Ils ne servent en principe que le vin provenant de leur propre vigne située derrière l'établissement. On y mange la plupart du temps en se servant au buffet qui présente habituellement des plats chauds et froids.

Nous nous dirigeons, donc, vers le premier Heuriger ouvert : ce sera le "Grinzinger Hauernmandel”.
Le repas est copieux et savoureux et arrosé d'un petit vin blanc. Enfin, comme il est coutume de le faire dans ces Heurigen de Grinzing, des musiciens (violoniste et accordéoniste) jouent des airs célèbres autour des tables. Pour nous spécialement, des airs français.
Retour par le tramway et le métro. Nous remarquons d'ailleurs combien, même à une heure avancée, le métro peut  être sûr à Vienne et combien cela est différent du métro parisien stressant et sale.
Ereintées par cette journée haute en couleurs, nous nous couchons vers 23 heures afin de puiser de nouvelles forces pour le lendemain.

Mardi 21 décembre
 
 

        Photo FC
Levées à 6h30, nous décidons d'aller ce matin, visiter la maison de Johann Strauss, située dans la Praterstrasse. Après une visite à tour de rôle (car Lakmé n'est pas admise à l'intérieur), l'audition de quelques extraits d'oeuvres du compositeur et la déception de ne pas avoir pu voir le violon de Johann Strauss (celui-ci étant parti à Hong-Kong pour une exposition), nous nous dirigeons vers le Prater, que nous atteignons en métro.

Le Prater : Au delà du Donaukanal, l'immense parc du Prater (1287 hectares) était à l'origine une chasse impériale que l'empereur Joseph II ouvrit au public en 1766. Il ne fallut pas longtemps pour que s'installent des baraques foraines et que le Prater ne devienne un vaste parc de loisirs.
Les attractions du Prater sont aujourd'hui situées dans le secteur du Wurstelprater (Prater des polichinelles). Là se déploie une vaste fête foraine où l'on retrouve auto tamponneuses, montagnes russes, train fantôme et autres attractions en tous genres, sans oublier les baraques offrant saucisses et autres spécialités locales. Dominant tout cela, la grande roue ou Riesenrad de 64m de haut, qui fut édifiée par l'anglais Walter de Basset en 1897. C'est l'une des plus anciennes et des plus hautes grandes roues du monde.

Nous venons surtout y voir la Grande Roue (Riesenrad), qui est le symbole de Vienne par excellence. Nous ne faisons malheureusement pas de tour de grande roue, car il fait trop froid, les cabines ne sont pas chauffées et le tour complet peut durer plus d'une heure.
Après quelques photos et l'achat d'un buste de Johann Strauss au magasin de souvenirs du parc du Prater, nous allons découvrir (toujours avec le métro) la Karlsplatz, avec son édifice "Jugendstil", construit par Otto Wagner.
De là, nous apercevons tout près, la Gesellschaft der Musikfreunde (Société des Amis de la Musique), où a lieu, chaque année, le traditionnel Concert du Nouvel An avec le Wiener Philarmoniker.
A deux pas, nous atteignons la Karlskirche, qui est aussi splendide de l'extérieur comme de l'intérieur.

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Mais il est temps d'aller au Stadtpark, découvrir le monument (ô combien célèbre et ô combien photographié!) érigé en l'honneur de Johann Strauss. Nous ne sommes d'ailleurs pas longtemps toutes seules, bientôt rejointes par des hordes de japonais.
Après un bref passage à l'hôtel, nous retournons chez Rosenberger, où, après un délicieux repas, nous nous attelons à la lourde tâche des cartes postales. Notre bonne action effectuée, nous allons visiter les Kaiserappartements de la Hofburg.

La Hofburg : Résidence des souverains autrichiens depuis le XIIIème siècle, cet édifice se trouve au sud-ouest de la ville intérieure, et présente un mélange de styles architecturaux allant du gothique à l'historicisme de la fin du XIXème, en passant par le baroque.
Parmi toutes les salles de la Hofburg, se trouvent les Kaiserappartements: appartements impériaux. On y découvre la chambre de François-Joseph (redoutablement matinal, il se levait à 4h20 tous les matins) et les appartements privés de son épouse, l'impératrice Elisabeth, la célèbre et populaire Sissi.
Dans le cabinet de toilette, on s'aperçoit que Sissi n'hésitait pas à souffrir pour entretenir sa ligne.

Nous faisons, ensuite, un peu de shopping dans la Kärtnerstrasse et les rues adjacentes (achat de cadeaux: disque et Stolle pour Pierre-Alix, notamment). C'est ainsi, que nous découvrons un magasin fabuleux à l'enseigne de Julius Meinl, où toutes sortes de douceurs à manger y sont vendues: pâtisseries, café, chocolats, et autres produits alimentaires en tous genres. Le tout sur plusieurs étages. Un véritable temple de l'épicerie fine.

La Kärtnerstrasse : Cette voie commerçante et animée, en grande partie réservée aux piétons traverse Vienne du Staatsoper à Stephansdom. Derrière l'Opéra se trouve le célèbre Sacher Hotel dont le premier propriétaire, Eduard Sacher, a laissé son nom à la Sachertorte. L'hôtel construit en 1876 a acquis sa renommée en devenant un lieu de rendez-vous des aristocrates avec les danseuses et les chanteuses de l'Opéra voisin, les salons particuliers étaient particulièrement appréciés de ceux qui souhaitaient la discrétion. Les gourmands y affluent toujours pour déguster la fameuse tarte créée par la truculente Frau Sacher.
Nous allons ensuite à la célèbre pâtisserie Demel, pour y déguster, pour ma part, une exquise pâtisserie aux fraises, avec un thé, d'une qualité rarement égalée.

Les Konditoreien (pâtisseries) font également partie du paysage viennois (Demel est certainement la plus célèbre d'entre elles et la plus photographiée d'Autriche). Les Autrichiens apprécient les pâtisseries et mangent de très nombreux gâteaux, pas seulement en dessert, mais au milieu de la matinée ou de l'après midi, notamment dans les cafés, où ils sont proposés à toute heure sur des tables roulantes. Parmi les plus réputées: la Sachertorte (gâteau au chocolat, spécialité de l'Hôtel Sacher), la Linzertorte (tarte enrichie aux amandes et garnie de confiture), l'Apfelstrudel (chausson fourré de pommes et de raisins secs), les Palatschinken (crêpes fourrées au fromage blanc, à la confiture ou au chocolat).
Enfin, comment ignorer les viennoiseries? La plus célèbre est le croissant (Kipferl) né en Autriche. Sa forme courbe caractéristique aurait été inspirée par le croissant turc, qui fleurissait sur les bannières des Ottomans lorsqu'ils envahirent l'Autriche aux XVIème et XVIIème siècle. Très achalandées, les boulangeries autrichiennes vendent également des petits pains de toutes sortes: les Semmeln, de forme ronde, des brioches, des beignets, ou des chaussons.
 
Revenues quelques instants à l'hôtel, pour y reprendre Lakmé, nous retournons une nouvelle fois au Marché de Noël du Rathaus (en passant par le Volksgarten), pour y acheter les coeurs en pain d'épices ainsi qu'un petit personnage, issu de l'artisanat autrichien, qui portera bien loin dans quelques jours, les couleurs de l'Autriche dans notre voiture.
Nouveau retour à l'hôtel pour y redéposer Lakmé. Nous terminons la soirée chez Rosenberger, pour y dîner d'une "Gulaschsuppe"et d'un "Apfelstrudel".
Réalisant que nous avons omis de visiter l'Augustinerkirche, où Sissi à épousé François-Joseph, nous décidons d'y aller, mais il fait nuit et les églises sont fermées à cette heure tardive. C'est donc partie remise pour un autre voyage. 
Coucher à 22 heures.

     Photo CB

Mercredi 22 décembre

C'est aujourd'hui le dernier jour et nous décidons donc, puisqu'il ne nous reste qu'une matinée, de rester dans les parages de l'hôtel. C'est ainsi que nous faisons du shopping dans la très exubérante Mariahilferstrasse, où nous achetons, entre autres, un petit accessoire de cuisine fort utile, qu'on ne trouve malheureusement que dans les pays de langue allemande : un pique-oeuf. Pourquoi les Français n'y ont-ils pas pensé, mystère …
Après une brève restauration ("Glühwein"et "Zimsterne") au petit marché de Noël, où avait d'ailleurs débuté notre séjour à Vienne, nous quittons l'hôtel vers 12h30 pour prendre le bus qui doit nous mener à l'aéroport de Wien-Schwechat, depuis la Westbahnhof.

L'avion décolle à 14h55 et nous atterissons à Nice à 16h25, comme prévu. La différence de température est énorme: presque -10° à Vienne et +10° à Nice. Seul le soleil était présent à notre départ de Vienne, comme à notre arrivée à Nice.

Après avoir récupéré nos bagages et notre voiture au parking gardé G1, nous retournons sur Aix-en-Provence, où nous arrivons vers 19h, satisfaites d'avoir pratiquement accompli le programme que nous nous étions fixées pour ces cinq jours, même si ce fut un peu dur et fatigant.
Mais, cela en valait vraiment la peine car Vienne est vraiment une très belle ville, spécialement pendant cette période de fêtes, et nous ne pouvons qu'être encouragées à y revenir pour y savourer plus en détail les charmes qu'elle recèle.
 
 

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