Vendredi 17 décembre
Après quelques soucis les
jours précédents, dûs notamment à la grève
des avitailleurs dans tous les aéroports français, notre
voyage débute, en réalité, le 17 décembre,
notre vol partant cette année, de Nice.
Parties d'Aix en voiture, en début
d'après midi, nous arrivons vers 16 heures à l'aéroport
de Nice, pour effectuer les formalités relatives à l'embarquement
de Lakmé.
Nous nous installons ensuite pour
la nuit à l'Etap Hôtel de la Promenade des Anglais.
Samedi 18 décembre
Levées très tôt
(5 heures), après une promenade pour Lakmé et un copieux
petit déjeuner, notre avion, un Canadair Regional Jet (Vol FU 515),
à destination de Vienne décolle à 8h50, et notre atterrissage
s'effectue à 10h15.
De l'aéroport, nous prenons
le bus (qui dessert la Westbahnhof) à 11h10. Après environ
40mn de trajet, nous arrivons à l'hôtel KUMMER.
Après une brève installation
dans ce sompteux palace, situé au coeur de la Mariahilfer Strasse,
une des plus grandes artères commerçantes de la capitale,
nous nous dirigeons vers le petit marché de Noël pour nous
y restaurer (vin chaud, saucisses).
Réchauffées, car il
fait assez froid ce jour-là, il est désormais temps de commencer
notre découverte de Vienne.
"L'ancienne et puissante capitale
de l'Empire d'Autriche-Hongrie, au temps des des Habsbourg, est restée
la capitale de la République d'Autriche et compte 1,5 millions d'habitants.
Après un déclin qui
a suivi la guerre, ils jouissent d'un regain de faveur.
En ce qui concerne le breuvage proprement
dit, l'imagination viennoise ne semble guère avoir de limites dans
ce domaine, et il existe plus d'une trentaine de façons de le préparer.
Les Kaffehäuser sont aujourd'hui des passages obligés de la
vie viennoise, où l'on peut faire une halte entre deux visites devant
un café et un Apfelstrudel ou une Torte, y lire la presse mise à
disposition des clients et même s'y arrêter plus longtemps
pour déjeuner ou dîner d'une spécialité.
Réchauffées, car il
fait assez froid ce jour-là, nous décidons d'aller au Marché
de Noël du Rathaus (Wiener Christkindlmarkt), où le spectacle
des arbres décorés et des illuminations du Rathaus est grandiose.
(les fenêtres du Rathaus servent de calendrier de l'Avent à
la Ville de Vienne).
Le Neues Rathaus (Hôtel de
Ville) : De style néo-gothique, il est inspiré de l'hôtel
de ville de Bruxelles. Le vaste parc situé devant sa façade
est le théâtre de manifestations diverses: cinéma et
concerts de plein air en été, marché de Noël
en hiver.
Après avoir longuement sillonné
les allées du Marché de Noël, nous décidons de
revenir à l'Hôtel par les rues commerçantes en pleine
effervescence. Nous reprenons ensuite le métro, avant d'aller dîner
à la Cave Esterhazy. Il est assez difficile d'y trouver une place
et à l'évidence, cet endroit est particulièrement
apprécié des Viennois (on ne se précipite pas, d'ailleurs,
pour nous laisser une place, loin s'en faut, mais nous n'en dirons pas
plus sur ce petit faux-pas autrichien, ayant eu, par ailleurs, d'autres
occasions de remarquer l'extrême et pourtant habituelle courtoisie
des Autrichiens ; sans doute était-ce ce jour-là, l'exception
qui confirmait la règle).
Après un bon repas (on se
sert au buffet), coucher à 21 heures.
Dimanche 19 décembre
Levées à 6 heures,
nous prenons notre petit déjeuner à l'Hôtel dans un
cadre particulièrement agréable et où tout est fait
pour que cette journée commence sous les meilleurs auspices.
Profitant toujours du métro
(particulièrement sécurisant et propre), nous décidons
d'aller découvrir la Votivkirche.
Nous visitons ensuite la "Figarohaus”,
la maison où Mozart a vécu, située derrière
la Cathédrale St Etienne.
Après quelques brèves
auditions d'oeuvres célèbres de Mozart, nous continuons notre
périple culturel viennois et allons visiter le "Kaisergruft”, c'est
à dire la Crypte des Capucins, où reposent tous les souverains
de l'Empire Autrichien, et notamment bien sûr l'Empereur François-Joseph,
l'Impératrice Elisabeth (Sissi) et leur fils Rodolphe, mort à
Mayerling dans des circonstances restées encore mystérieuses
à ce jour.
Nous déjeunons à la
Cafétéria Rosenberger, à l'angle de la Kärtnerstrasse.
Ici, rien à voir avec les
caféterias françaises. Réparties sur trois niveaux,
les salles sont toutes différentes, avec leurs mobiliers et leurs
styles tous différents. On pourrait y déjeuner ou y dîner
tous les jours de la semaine, sans jamais avoir l'impression de manger
dans le même restaurant.
Pour ce qui est du self en lui-même,
là encore, rien à voir avec nos "cafétérias-cantines"
françaises. Il s'agirait ici plutôt d'un marché (cela
s'appelle d'ailleurs le "Marché Rosenberger”, où l'on se
sert à volonté et de tout dans les petits ilôts d'entrées,
de viandes, de légumes, de potages, d'accompagnements divers, de
desserts, etc). Le tout, pour un prix fort raisonnable, et plutôt
moins cher qu'en France. Bref, un réel plaisir, surtout pour un
touriste qui ne maîtrise pas forcément très bien la
langue du pays, et qui a souvent quelque mal à déchiffrer
le menu dans un restaurant traditionnel.
Restaurées, nous décidons
d'aller visiter le Château de Schönnbrunn, en faisant notamment
le Grand Tour, c'est à dire la visite des 40 salles.
Au bout de la longue avenue Wienzeile
qui part de la Karlsplatz, près du Ring, se trouve le Château
de Schönnbrunn, la belle fontaine. Il a été construit
à partir de 1696 d'après le projet de Fischer von Erlach,
à la demande de Léopold 1er et terminé sous le règne
de sa petite fille Marie-Thérèse.
A ce sujet, on ne saurait parler
de Vienne sans évoquer sa vie artistique particulièrement
dense.
Les salles de concert sont innombrables,
et à ce titre, il est difficile d'imaginer dans quelque autre capitale,
une institution culturelle qui occupe la place privilégiée
du Staatsoper.
Le Theater an der Wien, le Musikverein,
le Konzerthaus font partie des institutions les plus renommées.
Une autre, non moins célèbre, est celle des Wiener Sängerknaben
(petits chanteurs de Vienne), qui chantent à la messe dominicale
et aux jours de fêtes à la Burgkapelle de la Hofburg.
Vienne est aussi le fief de la valse.
De nombreux bals sont organisés durant l'hiver. Le clou de la saison
étant le Kaiserball (Bal de l'Empereur), donné à la
Hofburg à l'occasion de la Saint Sylvestre.
Cette renommée donnée
à Vienne par le qualificatif de "capitale de la valse" est indéniablement
attachée à Johann Strauss (le Roi de la Valse). Tout à
Vienne parle de lui, même s'il ne fut pas le seul musicien à
choisir de s'installer dans cette capitale. Aussi, est-il difficile de
dire si Vienne est mélomane parce que Mozart, Beethoven, ou Mahler
ont choisi d'y vivre, ou si ces grands musiciens ont choisi d'y vivre parce
que Vienne était (elle l'est toujours!) mélomane.
Notre concert débute à
20 heures trente précises, la première partie étant
consacrée à Mozart, la seconde à Johann Strauss (concert
dirigé du violon par Anton Sorokow).
Habillés en costumes d'époque
(ce qui ne nous semblait pas forcément nécessaire), les musiciens
sont au nombre de six, et sont accompagnés par 2 chanteurs et deux
danseurs.
A l'entracte, nos places "VIP"nous
donnent droit à un verre de "Sekt”, un mousseux autrichien.
Après ce bon moment musical,
nous rentrons à l'hôtel nous coucher, non sans être
retournées au préalable, chez Rosenberger, pour y prendre
une "Gemüsesuppe”, bien chaude et fort agréable.
Lundi 20 décembre
Mais le bus avance et nous sommes
déjà loin de Schönnbrunn … Les toilettes étant
pratiquement introuvables dans Vienne, un retour à l'hôtel
s'impose. Toutefois, la femme de service n'ayant pas fait la chambre, obligation
nous est faite de repartir à Schönnbrunn avec 5kg à
bout de bras, autrement dit, avec Lakmé dans son panier.
Au bout de six stations de métro
et plusieurs changements, et ensuite sous la neige et par moins 8-10°,
nous atteignons une nouvelle fois Schönnbrunn. Mais la Gloriette est
encore loin, très loin.
D'un pas ferme mais assuré
car je sais déjà que les lunettes abandonnées ont
été rapportées au Café de la Gloriette, sans
doute par un autre touriste compatissant, (le réceptionniste de
l'hôtel ayant appelé le Café pour nous), j'abandonne
mère et chien dans le hall du Château, pour affronter les
rigueurs de l'hiver qui s'accentuent, en sillonnant la colline qui mène
à la Gloriette (20mn de montée).
Lunettes en poche, je redescend
au pas de charge, et après avoir récupéré mère
et chien, nous nous dirigeons d'un pas épuisé et avec un
estomac creux vers le premier chalet du marché de Noël, où
nous engloutissons derechef, chacune, une portion de Nockerl, arrosée
d'un verre de Glühwein et de Pfirsichpunsch.
Nous achetons ensuite des Vanillekipferl
(petits croissants à la vanille), et quelques Plätzchen pour
les fêtes qui approchent, avant de repartir à l'hôtel.
Revenues dans notre chambre, nous
tombons de fatigue dans notre lit, pour s'y endormir un moment.
Nous décidons ensuite d'aller
à Grinzing. Après métro, et tramway N°38, nous
atteignons ce charmant village de la Forêt viennoise (que nous ne
visitons malheureusement pas, étant donné que la nuit est
déjà tombée (à 4 heures environ), et qu'il
fait de plus en plus froid).
La Wienerwald (Forêt viennoise) commence avec les coteaux d'Heiligenstadt et de Grinzing, et celle-ci forme un vaste arc-de-cercle autour de la ville. Elle s'entrouvre pour laisser place à des vignobles réputés et à de pittoresques villages de vignerons. C'est là que les Viennois vont déguster le vin nouveau dans des guinguettes, heuriger. Ces Heurigen sont soumises à des dates d'ouvertures réglementées (elles doivent en principe fermer lorsque les réserves sont épuisées, même si certaines restent ouvertes toute l'année). Lorsqu'elles sont ouvertes, elles portent l'indication "Ausgesteckt" et un rameau de sapin est suspendu au-dessus de la porte. Ils ne servent en principe que le vin provenant de leur propre vigne située derrière l'établissement. On y mange la plupart du temps en se servant au buffet qui présente habituellement des plats chauds et froids.
Nous nous dirigeons, donc, vers le
premier Heuriger ouvert : ce sera le "Grinzinger Hauernmandel”.
Le repas est copieux et savoureux
et arrosé d'un petit vin blanc. Enfin, comme il est coutume de le
faire dans ces Heurigen de Grinzing, des musiciens (violoniste et accordéoniste)
jouent des airs célèbres autour des tables. Pour nous spécialement,
des airs français.
Retour par le tramway et le métro.
Nous remarquons d'ailleurs combien, même à une heure avancée,
le métro peut être sûr à Vienne et combien
cela est différent du métro parisien stressant et sale.
Ereintées par cette journée
haute en couleurs, nous nous couchons vers 23 heures afin de puiser de
nouvelles forces pour le lendemain.
Mardi 21 décembre
Nous faisons, ensuite, un peu de shopping dans la Kärtnerstrasse et les rues adjacentes (achat de cadeaux: disque et Stolle pour Pierre-Alix, notamment). C'est ainsi, que nous découvrons un magasin fabuleux à l'enseigne de Julius Meinl, où toutes sortes de douceurs à manger y sont vendues: pâtisseries, café, chocolats, et autres produits alimentaires en tous genres. Le tout sur plusieurs étages. Un véritable temple de l'épicerie fine.
La Kärtnerstrasse : Cette
voie commerçante et animée, en grande partie réservée
aux piétons traverse Vienne du Staatsoper à Stephansdom.
Derrière l'Opéra se trouve le célèbre Sacher
Hotel dont le premier propriétaire, Eduard Sacher, a laissé
son nom à la Sachertorte. L'hôtel construit en 1876 a acquis
sa renommée en devenant un lieu de rendez-vous des aristocrates
avec les danseuses et les chanteuses de l'Opéra voisin, les salons
particuliers étaient particulièrement appréciés
de ceux qui souhaitaient la discrétion. Les gourmands y affluent
toujours pour déguster la fameuse tarte créée par
la truculente Frau Sacher.
Nous allons ensuite à la
célèbre pâtisserie Demel, pour y déguster, pour
ma part, une exquise pâtisserie aux fraises, avec un thé,
d'une qualité rarement égalée.
Les Konditoreien (pâtisseries)
font également partie du paysage viennois (Demel est certainement
la plus célèbre d'entre elles et la plus photographiée
d'Autriche). Les Autrichiens apprécient les pâtisseries et
mangent de très nombreux gâteaux, pas seulement en dessert,
mais au milieu de la matinée ou de l'après midi, notamment
dans les cafés, où ils sont proposés à toute
heure sur des tables roulantes. Parmi les plus réputées:
la Sachertorte (gâteau au chocolat, spécialité de l'Hôtel
Sacher), la Linzertorte (tarte enrichie aux amandes et garnie de confiture),
l'Apfelstrudel (chausson fourré de pommes et de raisins secs), les
Palatschinken (crêpes fourrées au fromage blanc, à
la confiture ou au chocolat).
Enfin, comment ignorer les viennoiseries?
La plus célèbre est le croissant (Kipferl) né en Autriche.
Sa forme courbe caractéristique aurait été inspirée
par le croissant turc, qui fleurissait sur les bannières des Ottomans
lorsqu'ils envahirent l'Autriche aux XVIème et XVIIème siècle.
Très achalandées, les boulangeries autrichiennes vendent
également des petits pains de toutes sortes: les Semmeln, de forme
ronde, des brioches, des beignets, ou des chaussons.
Mercredi 22 décembre
C'est aujourd'hui le dernier jour
et nous décidons donc, puisqu'il ne nous reste qu'une matinée,
de rester dans les parages de l'hôtel. C'est ainsi que nous faisons
du shopping dans la très exubérante Mariahilferstrasse, où
nous achetons, entre autres, un petit accessoire de cuisine fort utile,
qu'on ne trouve malheureusement que dans les pays de langue allemande :
un pique-oeuf. Pourquoi les Français n'y ont-ils pas pensé,
mystère …
Après une brève restauration
("Glühwein"et "Zimsterne") au petit marché de Noël, où
avait d'ailleurs débuté notre séjour à Vienne,
nous quittons l'hôtel vers 12h30 pour prendre le bus qui doit nous
mener à l'aéroport de Wien-Schwechat, depuis la Westbahnhof.
L'avion décolle à 14h55 et nous atterissons à Nice à 16h25, comme prévu. La différence de température est énorme: presque -10° à Vienne et +10° à Nice. Seul le soleil était présent à notre départ de Vienne, comme à notre arrivée à Nice.
Après avoir récupéré
nos bagages et notre voiture au parking gardé G1, nous retournons
sur Aix-en-Provence, où nous arrivons vers 19h, satisfaites d'avoir
pratiquement accompli le programme que nous nous étions fixées
pour ces cinq jours, même si ce fut un peu dur et fatigant.
Mais, cela en valait vraiment la
peine car Vienne est vraiment une très belle ville, spécialement
pendant cette période de fêtes, et nous ne pouvons qu'être
encouragées à y revenir pour y savourer plus en détail
les charmes qu'elle recèle.
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