Samedi 29 avril
Parties d'Aix-en-Provence, à
6 heures du matin, notre voyage s'effectue par le Nord de l'Italie, soit
un peu plus de 880 km, par autoroute, avant d'atteindre la capitale du
Tyrol, Innsbruck.
Notre arrivée à Innsbruck
intervient vers 16h30, car nous avons perdu un peu de temps sur une aire
de repos en Italie pour acheter une bouteille de chianti.
Le but de notre voyage atteint,
il ne nous reste plus qu'à rejoindre notre hôtel, le City
Goldene Krone, situé dans le centre-ville.
Mais aussi bien préparé
qu'il soit, tout voyage peut révéler quelques surprises,
parfois désagréables.
L'hôtel (et particuliérement
la chambre) ne correspondant pas exactement à ce que nous en attendions
(même si d'extérieur, il s'agit bien d'un palais historique),
nous décidons de n'y passer qu'une seule nuit et de séjourner
dans une petite ville située à la périphérie
d'Innsbruck.
Il faut dire qu'Innsbruck est une
ville où la circulation et le stationnement (hors parking souterrains)
sont interdits. Notre arrivée mouvementée par l'accueil plutôt
virulent d'un policier, nous incite à nous éloigner d'Innsbruck
pour notre séjour, nous promettant d'y revenir ultérieurement
pour une découverte plus en détails, à pied, car nous
savons combien elle recèle de somptueux édifices et jardins.
Lundi 1er mai
Aprés un copieux petit déjeuner, nous partons de l'hôtel à 8h30 pour visiter Innsbruck.
Innsbruck, le trésor
des Alpes : Plus de 800 ans séparent l'ancienne construction du
pont enjambant l'Inn de l'actuel paysage de gratte-ciels de la capitale
tyrolienne. De leur temps déjà, les Habsbourg affectionnaient
cette ville au point d'en faire leur ville de résidence. Innsbruck
est fortement marquée par une histoire vivace à laquelle
on associe de grands noms tels que Maximilien 1er et l'Impératrice
Marie-Thérése. A leurs yeux, Innsbruck était “la plus
belle ville des pays germaniques". De brillants artistes ont par ailleurs
répondu à son appel.
Son riche patrimoine culturel à
quoi vient s'ajouter le renom d'Innsbruck en tant que double ville olympique
en font 365 jours sur 365 un pôle d'attraction international pour
les visiteurs et les vacanciers. Cette ville concilie - de façon
à la fois harmonieuse et palpitante - nature, culture, sports et
traditions et l'aura d'une ville universitaire et de congrés internationale.
La capitale du Land tire son nom de sa riviére (littéralement “le pont sur l'Inn"), à l'intersection des deux grandes voies de communication du Tyrol depuis la nuit des temps (la vallée de l'Inn et l'axe nord-sud par le Brenner, entre l'Allemagne et l'Italie). C'est avec plus de 100 000 habitants, l'une des grandes cités alpines (avec Bolzano et Grenoble). Elle abrita deux fois les jeux olympiques (en 1964 et 1976). Aujourd'hui, grand centre de tourisme grâce à sa proximité des champs de neige, mais également à son splendide centre-ville médiéval est ses exceptionnels musées et églises.
La principale artère de la
ville est la Maria-Theresien Strasse, qui concentre la plupart des commerces
de luxe et services haut de gamme. A l'extrémité de cette
artère, se trouve la Triumphpforte (l'arc de triomphe), datant de
1765 et édifié pour accueillir l'impératrice Marie-Thérése
et son époux, venus pour le mariage de leur enfant. Signe de continuité
architecturale, on utilisa pour sa construction les pierres de la vieille
porte de la ville (démolie pour faciliter le passage des carrosses)
et celles des tours de l'enceinte.
Une anecdote : le décor de
l'arc n'était pas achevé lors de l'arrivée des souverains.
Statues et hauts-reliefs furent fabriqués en bois et plâtre.
L'empereur mourut pendant les fêtes du mariage. Achevé quelques
années plus tard, l'arc de triomphe reçu une ornementation
commémorant ainsi la mort de l'empereur à Innsbruck en même
temps que le mariage de son enfant.
Au milieu de la rue, qui va s'élargissant
vers la vieille ville, la colonne Sainte-Anne (Annasaüle), élevée
pour fêter le départ des envahisseurs bavarois, en 1703 (le
jour de la Sainte Anne précisément). A cet endroit, la perspective
avec la vieille ville, les clochers à bulbes et l'abrupte Nordkette
est saisissante !
Le prolongement dans la vieille ville de la Maria-Theresien Strasse se nomme Herzog Friedrich Strasse, une rue étroite mais intensément animée sous ses arcades abritant des boutiques. Ici, chaque édifice se révéle digne d'intérêt, impossible de tous les citer. On note, cependant, l'auberge “Weisses Kreuz" ou logea Mozart en 1769. Au n°10, faisant le coin, la Helblinghaus (Maison Helbling) de style gothique, habillée en 1732 d'un magnifique décor rocaille.
Tout en bas de la Friedrich-Herzog Strasse, la façade la plus photographiée de la ville et le symbole de la ville : le Goldenes Dachl (le Petit Toit d'Or). Surmonté d'un toit en cuivre doré à l'or fin (d'où son nom), cette petite tribune a été aménagée en 1500 sur la façade de l'ancien château ducal, à la demande de l'empereur Maximilien 1er. Elle devait servir de loge à l'empereur lorsqu'il venait assister à des spectacles organisés dans la rue ou se présenter au public. Construit dans un style de transition du gothique à la Renaissance, le Petit Toit d'Or comporte deux étages dotés de balustrades richement sculptées.
L'ancien palais impérial, la Hofburg, construit au XVème, et XVIème, puis remanié au XVIIème par l'Impératrice Marie-Thérése, loge derrière sa longue façade jaune le gouvernement de la province du Tyrol. Il possède plusieurs salles d'apparat, fastueusement décorées.
Attenant au palais impérial,
la Cathédrale Saint Jacques (Dom zu St Jakob) est un édifice
de style baroque de 1722, dont la coupole fut décorée par
les artistes munichois Cosmas-Damian Asam et Egid Quirin Asam. On peut
y voir un chef d'oeuvre de Lucas Cranach l'Ancien, la Madone du Bon-Secours.
En face du palais impérial s'étend le Hofgarten, avec son
petit jardin alpestre et un amusant jeu d'échecs géant installé
en plein air.
Igls : Cette station de sports d'hiver de réputation ancienne s'est rénovée à l'occasion des Jeux Olympiques de 1976 avec, entre autres, la construction d'une audacieuse piste de luge et de bobsleigh. Son équipement sportif complet atteste la proximité d'une grande ville et la faveur d'une clientèle aisée. Le téléphérique du Patscherkofel et le télésiége qui le prolonge jusqu'au sommet ont multiplié les possibilités d'excursion estivales et hivernales sur les pentes boisées voisines exposées au nord et favorablement enneigées à la saison du ski.
Aprés avoir assisté
à l'ascension du Maibaum par les enfants du village, nous faisons
une promenade dans le Kurpark et le village (visite de l'église).
Notre insatiable envie de tout voir
et de tout connaître nous amène au Bergisel (colline boisée
agréablement aménagée pour la promenade, où
se trouve le Kaiser germuseum) où se situe le tremplin de saut à
ski, qui rappelle les performances des Jeux Olympiques de 1964 et 1976.
La descente sur Innsbruck nous amène
naturellement à visiter la Stiftskirche et la Basilika de Wilten.
Retour à l'hôtel à
17h30 pour finir l'aprés-midi dans le jardin de l'hôtel, que
nous trouvons décidément trés agréable.
Mardi 2 mai
Départ à 8h30 pour
une excursion en Bavière.
Avant de parvenir à la frontiére
allemande, nous visitons la charmante station de Seefeld im Tirol.
Garmisch-Partenkirchen : Au
pied de la Zugspitze (point culminant du territoire allemand), Garmisch-Partenkirchen
doit son renom au développement des sports d'hiver, consacré
par les IVème Jeux Olympiques d'Hiver de 1936, et les Championnats
du Monde de ski alpin de 1978.
Aprés la visite de Garmisch-Partenkirchen,
nous décidons de poursuivre notre excursion jusqu'à Oberammergau.
Mercredi 3 mai
Départ de l'hôtel à 8h30 pour visiter la Münzerturm (Tour des monnayeurs) et le Burg Hasegg, à Hall.
Hall im Tirol était
la ville du sel de la vallée de l'Inn. A ce titre, elle assuma au
Moyen Age, comme les cités miniéres du Salzkammergut pour
la Haute-Autriche, ou les archevêques de Salzbourg, un rôle
de premier plan dans la vie économique du pays et fut spécialement
choyée par les princes du Tyrol. Ceux-ci lui accordèrent,
dés 1303, des franchises trés libérales et la considérérent
volontiers, à côté de leur austére cour d'Innsbruck,
comme un centre de distractions et de plaisirs.
Mais le temps est révolu
oùHall marquait l'origine d'une active navigation sur l'Inn et,
du côté amont, le terme du transport des bois flottés
alimentant les foyers des chaudiéres de la saline. La magie du Moyen
Age flotte encore sur Hall. L'ancienne cité battant monnaie avec
son centre pittoresque n'a cependant pas oublié le présent
: en tant que centre culturel et économique, elle est pleine de
vie.
Le Burg Hasegg, dominé
par sa fameuse tour, était à l'origine un bastion de surveillance
du fleuve et prit une importance historique lorsqu'en 1567 y fut transféré
l'atelier de monnaie des princes du Tyrol. On frappa à Hall le célébre
Thaler d'argent qui s'imposa à toute l'Europe jusqu'au début
du XIXème siècle. L'atelier de frappe, réouvert en
1975, assure une production régulière de pièces commémoratives
et est ouvert à la visite. De la Münzerturm (275 marches),
on bénéficie d'une superbe vue sur la ville et, au nord,
sur le Bettelwurf (2726m).
Les arrêts Seegrube et Hafelekar
n'étant pas encore remis en fonction pour la saison, nous nous arrêtons
donc à la Hungerburg, et à l'arrêt Alpenzoo, pour nous
promener dans les sentiers forestiers, où il y fait très
bon. Nous allons jusqu'à la porte de l'Alpenzoo, en nous promettant
d'y revenir plus tard, d'ici la fin de notre séjour, ou une prochaine
fois.
La température étant
estivale, nous prenons un rafraîchissement dans un Gastgarten, au
pied du funiculaire, avant d'aller nous reposer dans le Hofgarten à
Innsbruck.
Dîner chez Rosenberger (à
Ampass, sur le bord de l'Autoroute, en direction d'Innsbruck).
Ici, rien à voir avec les
caféterias françaises. Il s'agirait ici plutôt d'un
marché (cela s'appelle d'ailleurs le “Marché Rosenberger",
où l'on se sert à volonté et de tout dans les petits
ilôts d'entrées, de viandes, de légumes, de potages,
d'accompagnements divers, de desserts, etc.). Bref, un réel plaisir,
surtout pour un touriste qui ne maîtrise pas forcément trés
bien la langue du pays, et qui a souvent quelque mal à déchiffrer
le menu dans un restaurant traditionnel.
Jeudi 4 mai
Départ de l'hôtel à 8h45, pour faire un peu de shopping dans les rues d'Innsbruck (achat de disque, d'un livre en allemand, et de tee-shirt pour Pierre-Alix). Déjeuner chez Rosenberger.
Petite sieste dans les chaises longues
du jardin de l'hôtel, en début d'aprés midi et départ
pour les charmants villages tyroliens de Thaur et de Rum, avec promenade
dans les sentiers de grande randonnée et les alpages.
Passage dans le village de Rum et
retour par Hall pour aller visiter le village de Tulfes.
Sur la route, au débouché
d'une courbe, nous découvrons, telle un enchantement, une charmante
petite église à bulbes (Kirche zum HL. Franz Borgias), que
nous prenons en photo.
Nous visitons également l'église
de Tulfes : encore une pure merveille, comme le sont toutes les églises
en Autriche. Les fresques somptueuses nous laisseraient sans voix, si ne
nous rencontrions pas quatre Français, eux-mêmes, émerveillés.
Retour à l'hôtel et
dîner. (le beau temps se maintenant et étant tellement bien
ici, nous décidons de prolonger notre séjour au delà
de ce qui avait été initialement prévu, et donc jusqu'à
dimanche!)
Vendredi 5 mai
Disposant donc de plus de temps que
prévu, nous décidons d'aller découvrir les deux plus
célébres châteaux de Louis II, en Baviére :
Neuschwanstein et Hohenschwangau.
La route est assez longue (d'autant
que les kilométres sont rarement indiqués sur les routes
au Tyrol et en Bavière !) et nous atteignons Neuschwanstein, en
fin de matinée.
Aprés quelques péripéties
pour obtenir nos billets d'entrées, (car ne pouvant laisser Lakmé
seule dans la voiture à cause de la chaleur, nous devons faire la
visite à tour de rôle), nous amorçons péniblement
à pied la côte d'1,5km qui relie le parking au château
de Neuschwanstein.
Les touristes, ici, sont extrêmement
nombreux et dirigés, à leur arrivée dans la cour du
château, dans des couloirs d'attente, dans lesquels ils attendent
que le numéro de visite qui leur a été attribué
sur leur billet apparaisse sur l'écran.
La visite est ensuite menée
au pas de charge car les visiteurs se succédent par milliers tout
au long de la journée.
Des pièces situées
à l'étage du Château, la vue est splendide.
Samedi 6 mai
Dimanche 7 mai
Nous quittons l'hôtel vers
8 heures aprés le petit déjeuner, et reprenons notre route
vers l'Italie.
Déjeuner sur une aire de
repos aprés Crémone, si on peut l'appeler ainsi, car pas
de table, pas de banc, pas d'arbre pour se mettre à l'ombre. De
plus, c'est sale et cela sent mauvais. On est déjà bien loin
de l'Autriche, et même de nos autoroutes françaises.
Arrivée à Aix-en-Provence
vers 17h45.
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