CARNET DE ROUTE/Allemagne, septembre 2002
 
Retour en Allemagne

Sur les 19 voyages que j’ai effectué en Allemagne depuis 1985, le nord du Nord (Schleswig Holstein) m’a laissé le meilleur souvenir (trois visites en août 1991, 93 et 94). 
Bien que très loin (sur tous les plans et en particulier par la distance : trois jours de route !) de la région où je vis (Nice, Cote d’Azur), ce “Land der Horizonte” situé entre deux mers, à la frontière danoise, répond à 100% à mes aspirations. Un jour, peut-être, y achèterais-je une petite maison à toit de chaume … ?

Dimanche 1er septembre

Départ de Nice à 9H 35 par une chaleur moite typiquement niçoise : vivement le changement d’air !
Sur l’Autoroute ESCOTA, nous retrouvons nos chers Italiens “fantaisie”, garés sur la bande d’arrêt d’urgence comme si c’était un parking (un  must : on les voit en train de téléphoner !). Après la sortie à Menton, nous prenons la route en lacets vers Sospel, par le Col de Brouis, à travers la verte campagne dans un air qui devient un peu moins moite. A 11H30, nous abordons le tunnel de Tende, toujours aussi dangereux, vieux, étroit, sans marquage blanc sur le côté.
Côté italien, la route est meilleure, le trafic important (90% d’Italiens se dirigeant vers la France, l’inverse n’étant pas vrai)
Premier stress italien : un conducteur reculant sur la chaussée dans un lacet étroit.
Le temps se couvre un peu sur Cuneo, le nature italienne reprenant ses droits : sauvage, à l’abandon. Un rond-point italien, recouvert d’herbes folles, à l’opposé de nos ronds-points pharaoniques à la française.
Mais pourquoi ces couleurs sombres des façades (bruns, verts) dans un pays de soleil ?
La route qui mène à Fossano est rectiligne, en bon état, entrecoupée de ces rond-points désormais européens : rien à critiquer !
A Fossano, le panneau indiquant l’Autoroute est par contre minuscule (et vert mais c’est la couleur de l’autoroute en Italie).
M. s'énerve au péage, le ticket étant inaccessible.
Presque personne sur cette portion d’Autoroute toute neuve, bien agréable. Nous filons à 170km/h, bien ventilés grâce à la vitre arrière descendue.
Deuxième stress : un Italien démarre, sans clignotant, depuis la bande d’arrêt d’urgence !
“Alt Stazione” : premier péage (4,3 euros), puis nous contournons Torino par la “tangenziale”, direction Milano.
Je suis de nouveau étonnée par ces couleurs de façades (bruns, rouges sombres) qu’on retrouve un peu également en Espagne : le Sud, qu’on imagine si gai, aime finalement les couleurs austères ?
 
Ayant bientôt rejoint l’A4, quasiment vide en ce dimanche (chance !), nous faisons un arrêt pique-nique : les toilettes sont “à la turque” mais possèdent un miroir (le look d’abord !). Les murs de la station service sont couverts de photos de belles voitures ayant fait un arrêt ici : Ferrari de toutes les couleurs prises sous tous les angles par un amoureux (très Italien ?) des “belle macchine”.

Très “dégaine”, un Italien conduisant pieds nus, le pied gauche reposant sur la vitre gauche !
Il fait très chaud dans cette région de Milan sur-industrialisée (entre 29 et 32°, c’est selon !), le ciel semble crasseux ; pollution ou climat brumeux ?
Après Bergamo et Brescia, deux villes également très industrielles, nous quittons l’A4 (péage : 4,8 euros) pour la route du “Lago di Garda” (Lac de Garde) … Route qui se révélera impossible à trouver, la signalisation étant trop déficiente à mon goût. Embarqués sur la SS45 (route nationale) qui va dans la même direction, nous décidons d’y rester, espérant éviter les foules de touristes des bords de lac. Bonne idée au début, la route étant belle, roulante, bien dégagée dans le sens de la montée.
Pour quelques maisons coquettes, les villages que nous traversons s’avèrent du style lépreux et gris, même si on sent un riche passé (mais dans quel état !). Entre nature à l’abandon et efforts de propreté (et même quelques fleurs au bacon), talus bien tondus et herbes folles, le mélange sud-nord me parait ici intéressant …
La route monte plus fort, traversant des villages à moitié délabrés, du moins vus de l’extérieur, fleuris de beaux massifs de géraniums. Toujours le même beau patrimoine ancien très peu restauré.
 
Idro : enfin un joli village coquet au bord d’un lac, entouré de collines vertes, où l’air devient meilleur. Passé Idro, plus personne sur la route : nous entrons bientôt dans la province “del Trentino - Alte Adige”  (Trentin-Haut Adige), où déjà les couleurs des façades s’adoucissent et prennent un air plus germanique (vert amande, jaune vif). Une scierie, des vélos, un chalet rose bonbon et fleuri qui a des airs “suisse” ou “autrichien”. Les villages deviennent de plus en plus “germaniques”, en même temps qu’apparaissent les prés verdoyants bien tondus et … les tables de pic-nic en bois au bord de la route. Bien que l’italien reste la langue locale. 
A Bondo (840 mètres d’altitude), les trottoirs sont nickels, pavés : une maison délabrée pour dix pimpantes et fleuries.

La route est un noir tapis de velours, un premier “Gasthaus” : les habitants de cette région seraient-ils des Autrichiens devenus Italiens (de force ?)
Après Madonna di Campiglio, belle station de montagne très chic, nous faisons un arrêt sur un parking avec vue à couper le souffle sur les Dolomites, fières parois rocheuses vertigineuses.
Ensuite, la route monte très raide, jusqu’au col Campo (1600 mètres) avant de redescendre … Mais où ? En l’absence de signalisation claire, nous commençons à comprendre que cette route n’était pas la plus directe. D’autant qu’elle tourne beaucoup. Essayons de rejoindre l’autoroute au plus vite … par une très longue route qui descend sur Trento. Il est plus de 20h quand nous arrivons enfin sur l’A22, le Brenner étant encore à 120 kilomètres.
 
C’est en allemand (“Willkommen”) que le Haut Adige nous souhaite la bienvenue : la nuit tombe bientôt, tandis que nous fonçons vers notre gasthof Egg réservé par internet : un dernier péage (6,8 euros), le Col du Brenner et enfin notre sortie vers Obernberg, à la frontière autrichienne, sous une petite pluie fine.
Après 830 kilomètres (au lieu des 700 prévus), nous serons récompensés par la vue du magnifique chalet de bois sombre, si autrichien, du Gasthof Egg. L’accueil de Frau Egg est aussi souriant et chaleureux que le décor, et notre chambre à la hauteur de notre attente : immense, parquet en lattes de bois, vaste lit à deux matelas, couette et oreillers énormes et moelleux…
Quelle joie de retrouver cette ambiance si “gemütlich” (voir lexique), de dîner d’un “Schinken Käse toast” présenté sur une assiette en bois … Ensuite, au lit sans tarder.

Lundi 2 septembre
 

Vu du balcon, le paysage tyrolien, ses prés bien tondus verdoyants, ses chalets propres et fleuris, me réchauffe le coeur. Après une nuit d’un sommeil de plomb (aucun bruit et un air enivrant), je me sens revivre en écoutant le discret bruissement du ruisseau et les clarines de vache au loin. 
Un copieux Frühstück (voir lexique) achève de nous dynamiser et c’est à regret que nous quittons Obernberg, son clocher pointu et ses quelques chalets entourés d’un cirque de montagnes rocheuses, par une journée magnifique, sous un doux soleil de montagne. Promis, on reviendra … (sur internet : http://wipptal.net/egg)
Peu après 10h, nous redescendons l’étroite route qui suit le torrent chantant, admirant chaque brin d’herbe d’un vert presque fluo, chaque chalet rutilant, blanc éclatant et bois sombre, décors peints encadrant les fenêtres et énormes massifs de fleurs … Restant presque bouche bée devant l’harmonie que l’homme a créé ici entre lui et la nature.
Après le plein à la station BP (l’essence autrichienne étant moins chère), nous prenons la route pour Innsbrück, sur laquelle nous ne croisons quasiment que des Allemands (en vacances ?). Nous avons décidé, pour quelques dizaines de kilomètres, d’éviter l’Autoroute autrichien, qui est payant.
Traversée de Matrei (où nous reviendrons, comme on verra plus loin !), qui nous impressionne par ses façades à encorbellement peintes de fresques et autres trompe-l’oeil admirables.
La route serpente entre les sapins, avec vue en contre-plongée sur le majestueux viaduc bleu de l’autoroute.
Un arrêt pour visiter Innsbrück, qui me déçoit un peu : je trouve l'air pollué et l'architecture en deçà de ce que j’imaginais, malgré quelques belles façades, Mais reconnaissons que nous avons raté le plus beau, à savoir la vieille ville, en rue piétonne …
Nous reprenons la route pour Seefeld, célèbre station de ski où nous retrouvons les splendides paysages verdoyants et les Gasthof rutilants.

Après Scharnitz, nous sommes en Allemagne, où apparaissent les rails de sécurité et les balises réfléchissantes de même que la signalisation impeccable qu’on ne trouve qu’ici, en ce pays de la perfection.
Pourtant, comme pour me contredire, un motard allemand sort de stationnement sans regarder et un autre double dangereusement !
La nature reste aussi verdoyante et entretenue, la piste cyclable, que se partagent marcheurs et vélos, parfaitement dessinée et bitumée, avec même une bande blanche dans les virages : vous avez dit perfectionnisme ?
Un ralentissement à l’entrée de Garmisch-Parten Kirchen, célèbre station de montagne - ses belles maisons peintes, ses larges avenues, ses grands parcs.
Dans la riche Bavière, la route est un tapis de velours ourlé de blanc, les panneaux immenses et jaunes parfaitement lisibles…
Peu avant 14h, nous retrouvons l’Autobahn (voir lexique) allemand “wagnérien”, à vue d’oeil, plus large que la moyenne : chaque voie (souvent au nombre de trois), est plus large mais également la bande d’arrêt d’urgence … Parfaitement sécurisant et reposant, il permet d’avancer vite sans stress, même quand la circulation est dense.
Après une halte pour déjeuner de “curry wurt” dans un Rasthof, nous filons sur München puis Nürnberg, sereins, au milieu de conducteurs parfaitement fiables, qui mettent le clignotant même pour se rabattre (dire que chez nous, le clignotant a quasiment disparu !). Exception qui confirme la règle, une dingue en Audi A2 nous fait une queue de poisson : sans doute pas contente de l’appel de phare, elle revient pour nous en faire une deuxième : basse vengeance de femme ??
Le ciel bleu pâle est parsemé de petits nuages blancs pommelés. Ici, tout est vaste, large, pensé en grand : on respire … Ingolstadt, la ville d’Audi, où nous sommes surpris par le bruit des réacteurs d’un avion de chasse, certainement en provenance des bases militaires américaines de la Bavière du Nord.
 
Des travaux à côté de l'autoroute, sans doute pour construire la voie du train à grande vitesse.
- "Und wer färht ?" (et qui est-ce qui conduit ?) nous interpelle un panneau de la prévention routière ou du moins son équivalent. L'image, dont j'apprécie l'humour, montre un automobiliste, l'air un peu ahuri, tenant d'une main une clope et une boisson, de l'autre un téléphone … !
Le paysage, doucement vallonné, planté de hautes futaies, conifères aux troncs minces et démesurés, très élégants, fait un décor à cet Autobahn majestueux, qui monte et descend en douceur et en courbes bien dessinées. Nous fonçons à 180km/h, pourtant doublés, comme si on était arrêtés, par des “fusées” lancées à 230 ou 250 km/h, Mercedes et BMW en majorité, et même un break Laguna.

Le ciel est bleu pâle, presque sans nuages. Après Bayreuth, nous faisons un arrêt dans un “Autohof”.
Qu’est-ce donc ? Voila qui est nouveau ici : un immense parking tout neuf, à la sortie de l’autoroute (et non pas une aire d’autoroute), comprenant une station service, un MacDo, un parking et un restaurant à poids lourds.
"Welcome in America", avec ses “gas-food-lodging” si pratiques : une manière intelligente de prendre ce qu’il y a de bon aux USA, en l’interprétant à l’allemande, c’est à dire avec des couleurs rutilantes et une propreté parfaite. Bleu et noir de la station Aral, jaune et rouge de Mac Do, rouge vif d’une Porsche … Ces couleurs franches qui crachent, dans une odeur d’herbes (les camions ici ne sentent rien : bien réglés ?), c’est bon pour le (mon) moral !
Après une délicieuse Schöller Eis (les glaces Schöller : voila une bonne raison d’aimer l’Allemagne !), nous reprenons l’Autobahn A9 dans ce beau paysage champêtre de la Bavière du Nord, ses champs verts bien tondus, ses forêts en bosquets, taillées à l’iroquoise. J’aime cette nature civilisée.
Les murs anti-bruit sont écolos ici : en lattes de bois ou même transparents, pour admirer quand même le paysage.
Ah ces conducteurs allemands de grosses berlines : à 250km/h, quand on conduit aussi bien (belles trajectoires, clignotant pour se rabattre), c’est sans risque.
Dès notre entrée en Thuringe, en ex-DDR, le revêtement devient soudain tressautant, rainuré : les dalles de béton de la dernière guerre sont toujours là !
Je suis étonnée qu’on n'ait pas amélioré cet autoroute de transit qui mène à Berlin, la nouvelle capitale de l’Allemagne réunifiée … Mais bientôt, nous sommes ralentis par des travaux de doublement des voies : j’ai parlé trop vite car, une fois sortis des travaux, nous retrouvons un magnifique tapis de velours flambant neuf, et à trois voies. A partir de là, nous nous amusons à compter les ponts neufs, les parkings neufs et les portions en cours d’agrandissement : c’est non-stop, en réalité jusqu'à Potsdam, notre destination.
La nature est encore belle, mais moins bien entretenue, quelques sous-bois étant à l’abandon. Sur le coup de 19h, nous entrons en “Sachsen-Anhalt” (Land de Saxe-Anhalt), découvrant quelques éoliennes et même quelques publicités sur pied (une chope de Bitburger !), à l’américaine, dans les champs.
 
Au niveau de Dessau, le soleil se couche sur la plaine, colorant délicatement les quelques nuages pommelés de bleu et de rose. Un pont sur l’Elbe, le fleuve étant sorti de son lit (rappelons-nous les inondations apolcalyptiques de cet été 2002). J’aperçois 4 biches à l’orée d’un bois, tandis que nous entrons dans le “Brandenburg” (Land du Brandebourg). Nous trouvons facilement la sortie pour Treuenbrietzen, petite ville de l’ex-DDR où nous avons réservé par internet une chambre dans la Pension Landhaus Rüger. Le “Landhaus” (maison de campagne) possède un minuscule panonceau, éclairé heureusement, sinon nous n’aurions jamais deviné que des chambres étaient à louer dans cette ancienne cour de ferme qui semble à l’abandon.

Il est 20h30 quand nous sonnons à la porte d’une petite maison blanche, qui, restaurée et bien proprette, semble se démarquer de l’environnement tristounet, pavages inégaux, grille rouillée et herbes folles : “ich komme “ (je viens) nous annonce l’interphone. Après plusieurs longues minutes, apparaît … de la maison d’en face, un petit bonhomme boitillant qui s’avère être Christian Rüger.
Même si nous sommes quelques peu méfiants au premier abord, il nous fait visiter une chambre entièrement refaite à neuf, mise aux standards les plus élevés de l’Ouest, qui nous apporte du baume au coeur.
Comme il est tard, nous nous contenterons pour dîner d’une "Curry Wurst" (saucisse au curry) chez l’Imbiss (tenu par deux Turcs, père et fils !) du coin. Les “Kebabs” à 2 euros ont l’air de plaire à la jeunesse locale (rare). La nuit étant noire, et le coin mal éclairé, nous ne pouvons explorer la petite ville de Treuenbrietzen, mais elle nous parait à moitié abandonnée, les trottoirs défoncés et les maisons, autrefois belles, en mal de restauration.

Mardi 3  septembre
 
Ce matin, nous partons aux aurores (10h !), après un Frühstück complet, sans oublier l’oeuf couvert de son bonnet de laine, impeccablement présenté dans la petite pièce ad hoc, avec plante verte et géraniums à la fenêtre. Même s’il faut noter que la charcuterie est très certainement “locale”, un peu “rustique”, nous sommes touchés par les efforts faits par ce qu’il faut bien appeler encore des Allemands de l’Est, pour se mettre au niveau de leur riche frère de l’Ouest.
Pour 44 euros la nuit et le petit déjeuner, c’est une bonne adresse, toute proche de Berlin et Potsdam. Sur internet : http://www.landhaus-rueger.de/

De jour, la traversée de Treuenbrietzen nous confirme que cette petite ville a un beau patrimoine ancien, encore semi-abandonné. Seule la route d’accès est refaite à neuf. Comme d’ailleurs toutes les routes de l’ex-DDR que nous emprunterons … Une priorité pour les Allemands, les routes. Et nous Français, par quoi aurait-on commencé ??? J’ai peur de la réponse … !
Plus loin, nous aurons la confirmation que l’ex-DDR est visiblement en cours de relèvement de ses ruines : chaque village possède déjà quelques maisons repeintes de frais et plusieurs ruines encore délabrées.
Les panneaux électoraux fleurissent, les élections approchant en ce mois de septembre 2002 : de toutes petites affiches attachées aux arbres, bien discrètes et ne gâchant pas l’environnement. Une leçon à prendre ?
Bientôt sur l’A9, autoroute à trois voies flambant neuf qui mène à Berlin, où on sent l’approche de la grande ville (un bouchon !) puis sur l’A10 direction Hamburg, à travers le “Brandenburg”.
Le Brandebourg : un paysage presque plat mais intimiste, légers vallonnements au creux desquels se cachent quelques fermes, la vue étant limitée par des bosquets d’arbres très variés, bouleaux et peupliers, conifères et pommiers … Les champs cultivés se terminent par une rangée de fermes blanches entourées de haies. Des nuées d’étourneaux s’envolent au dessus des champs …
Encore des travaux routiers, encore un pont en construction, un convoi militaire anglais (encore là, les Anglais ?) et une forêt d’éoliennes NORDEX (on compte dix fois plus d’éoliennes en Allemagne qu’en France, parait-il).
Sur le coup de midi, je découvre que ma carte routière a vieilli (vérification faite, elle date de 1981 !) : l’autoroute A24 n’existe pas et pourtant elle existe, construite par la DDR ! La preuve : les dalles de béton avec joints de dilatation, comme avant guerre …
Nous sortons prendre de l’essence sur un de ces nouveaux “Autohof” à l’américaine (MacDo + Shell + Audi + Garden Center etc) flambant neuf. Bien pratique et moins cher que sur l’autoroute.
Ce paysage de caractère me plaît : déjà nordique, comme la lumière (blanche) et le ciel (bleu pâle).
 
Au niveau de Lauenburg, sur l’ex-frontière avec l’Ouest, nous faisons un arrêt pique-nique après avoir choisi notre table de bois (entre ombre et soleil). Il est plus de 14h quand nous quittons l’A24 pour la route 404 vers Kiel, notre idée étant d’éviter la banlieue de Hambourg. Bientôt, la 404 se transforme en autoroute A21, comme ne le dit pas ma deuxième carte, qui date, elle, de 1989 (en progrès !).
Décidément, il faut que je m’achète un atlas plus récent, les choses bougent vite ici.
Tiens, un Français (75) arrêté sur le bas-côté : à noter car nous en verrons 2 en tout et pour tout (les Français toujours aussi peu intéressés par l’Allemagne, surtout au Nord ?).
Plus nous montons vers le Nord, direction Neumünster, plus le temps est beau, l’air léger, le soleil doux … Voici les premières maisons de brique au toit pointu descendant bien bas, tandis qu’alternent champs de maïs et prés verdoyants entrecoupés de rangées d’arbres remuant doucement au vent.

Die Zeit ist reif” (le temps est venu) et “Zusammenhalt und Erneuerung” (solidarité et renouveau) nous promet le SPD.

Après un bref arrêt sur l’aire “Hüttener Berg” pour déguster un "Cornetto Soft", le temps reste radieux, tandis que notre petit problème de pot d’échappement semble, à l’oreille, s’aggraver. Obligés de rouler mollo, nous sommes doublés par des fusées supersoniques lancées à 200 (ou plus).
Bientôt, nous quittons l’autoroute pour la route 199, accompagnés par un temps toujours parfait, air doux et léger, tandis qu’apparaissent les premières maisons typiques de la Frise du Nord, avec leur toit de chaume. Prenons par Osterby, tout petite route moins chargée, tranquille et verdoyante, longée par une piste cyclable bucolique. Un champs de maïs, quelques vaches noires et blanches, moutons et chevaux, odeur de fumier, un sous-bois fleurant bon l’humus et le champignon … Nous sommes enfin arrivés dans notre petit paradis.
 
 

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