Samedi 28
avril
Coblence
(Koblenz)
Placée
jadis sous la souveraineté des archevêques de Trèves,
Coblence (du latin confluentes) a profité de sa situation au confluent
du Rhin et de la Moselle pour se développer. Avec à leur
tête, les comtes d'Artois et de Provence, frères de Louis
XVI, les émigrants arrivent à Coblence au lendemain de la
révolution. Mais dès 1794, les troupes de la République
occupent la rive gauche du Rhin et en 1798, la ville devient préfecture
du département de Rhin et Moselle. Le préfet Lezay-Marnézia
entreprend d'embellir la ville et crée en 1809 les Rheinanlagen,
promenade tracée au bord du Rhin.
C'est là
que reposent plusieurs chefs français (les généraux
Marceau et Hoche, en particulier, y ont été inhumés
avant, pour le premier, d'être transféré au Panthéon).
Rasée
à 80% pendant la seconde guerre mondiale, la ville est célèbre
pour son "Deutsches Eck" (le "coin allemand"), immense monument élevé
en 1897, sur la pointe de terre qui sépare la Moselle du Rhin, à
la gloire de l'unité allemande. Détruit en 1945, ce monument
fut à niveau érigé en 1993. Du haut des ses vingt-deux
mètres, il réserve une belle vue sur la ville, et la rive
droite du Rhin, dominée par la forteresse d'Ehrenbreitstein.
| Les éclaircies semblant vouloir s'installer, nous déjeunons ensuite dans le Biergarten (mot à mot: jardin à bière) du Weindorf, où nous avons réservé une table il y a quelques jours par fax. Le Weindorf (mot à mot: village du vin) est un célèbre endroit de Koblenz, où l'on vient déguster des spécialités régionales, boire de la bière ou du bon vin de la Moselle ou du Rhin, au son de la musique, présente tous les dimanches de 11h à 13h (Frühschoppen). C'est ainsi que nous commençons notre premier repas rhénan, comme il se doit, avec saucisses et vin blanc. (Dans la carte, on nous propose des paires de trois saucisses !!!, ce qui fait bien rire Andrée, Jeannot, et Maman. Mais il faut savoir qu'en allemand "ein Paar" signifie "une paire"mais aussi "quelques"!). |
| C'est la fête du vin et des dégustations sont organisées dans les vignobles en pente (très caractéristiques des vignobles d'outre-Rhin), et que l'on nomme d'ailleurs ici "Weinbergen". |
L'ascension
nous semble difficile, d'autant que nous sommes un peu fatigués,
qu'il n'y a guère de place pour se garer en bordure de route, et
qu'il est déjà un peu tard. Nous décidons donc d'aller
découvrir à pied le centre de Boppard, où le Rhin
est jalonné de somptueux hôtels. Une belle promenade (la "Rhein
Allee", au bord du fleuve), nous invite à nous reposer sur un banc,
pour y voir passer les bateaux de croisière et de promenade ainsi
que les péniches.
Nous reprenons
ensuite la voiture pour aller voir en amont de St Goar, le Château
de Kaub, sur l'île de Pfalz, avant de revenir à l'hôtel
pour dîner et dormir.
Lundi 30 avril
Levées
à 7h, nous jetons un regard par la fenêtre, et observons avec
une immense satisfaction que le soleil brille et que notre croisière
sur le Rhin, prévue aujourd'hui, s'annonce sous les meilleurs auspices.
Après
le petit déjeuner, et quelques pas dans St Goar, nous embarquons
à 10h15 sur le superbe et assez futuriste bateau "RPR Eins Enterprise",
qui doit nous mener jusqu'à Rüdesheim, sur cette partie du
Rhin, que l'on nomme le "Rhin Romantique", tellement elle est charmante
avec son Rocher de la Loreley (devant lequel on nous fait écouter
le célèbre chant de la Loreley, adapté du poème
de Heinrich Heine), et ses Burgen, qui dominent le Rhin au milieu des vignobles
en pente.
Le Rhin (l'un des plus longs fleuves d'Europe : 1320 km) prend sa source en Suisse, dans le massif du Saint-Gotthard: deux rivières, le Vorderrhein (Rhin antérieur) et l'Hinterrhein (Rhin postérieur) qui se rejoignent, sont considérées par les uns ou par les autres comme l'origine du grand fleuve.
L'Hinterrhein,
dans les premiers kilomètres de son cours, traverse une des gorges
les plus célèbres du monde, la Via Mala. Ensuite, pendant
plusieurs dizaines de kilomètres, le parcours alpin du Rhin sert
de frontière entre la Suisse et l'Autriche, avant de constituer
le lac de Constance.
A la hauteur de Bonn, le Rhin s'engage dans une vaste plaine - cette immense étendue qui couvre tout le nord de l'Europe - et franchit la frontière qui sépare l'Allemagne des Pays-Bas. Là, il se divise en deux bras, le Waal et le Lek, qui constituent un delta, avant de se jeter, abondamment canalisé, dans la Mer du Nord.
Le temps est
merveilleux et nous attrapons des coups de soleil d'autant que nous sommes
sur le pont du bateau pour profiter de la vue magnifique qui s'offre à
nous et prendre des photos.
Nous atteignons
Rüdesheim à 13 heures, où nous flânons dans la
"Drosselgasse" (mot à mot : rue des merles) avant de déjeuner
sous les marronniers dans le Biergarten du Restaurant "Der Lindenwirt",
tellement la température est agréable. Malgré un repas
un peu décevant et un peu long, nous apprécions ces instants
de détente, dans un environnement vraiment dépaysant et tellement
typique de la région du Rhin.
Nous flânons
ensuite dans la Drosselgasse, où les touristes débarquant
des bateaux sont de plus en plus nombreux. Cette rue est particulièrement
typique, car elle est assez étroite, les enseignes en fer forgé
sont splendides, et les magasins de souvenirs et les caves à vin
innombrables Un passage obligé pour le touriste en voyage sur le
Rhin
Notre retour
sur St Goar s'effectue à bord du bateau à vapeur "Goethe",
nostalgique à souhait !
Pleinement
satisfaits de notre croisière et du temps estival qui nous a accompagné
tout au long de cette journée, nous dînons avant de nous coucher
vers 21h30, espérant que la journée suivante sera tout aussi
réussie!
Mardi 1er mai
Après
un copieux petit déjeuner, nous partons un peu avant 9 heures pour
prendre le bac qui relie St Goar à St Goarshausen et monter au célèbre
Rocher de la Lorelei, pour y faire une très agréable promenade
dans les sentiers boisés, avant de découvrir la statue de
granit, devant le Berghotel de la Lorelei.
| Die Loreley
Ich weiß nicht was soll es bedeuten,
Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Die schönste Jungfrau sitzet
|
Sie kämmt es mit goldenem Kamme
Und singt ein Lied dabei ; Das hat eine wundersame, Gewaltige Melodei. Den Schiffer in kleinem Schiffe
Ich glaube, die Wellen verschlingen,
(Heinrich Heine 1823) |
L'après midi s'achève à Bad Salzig, une petite ville thermale, avec une promenade dans le Kurpark, où Andrée et Jeannot découvrent un parcours de "mini-golf pour fainéants" (mini-golf à hauteur d'homme!). Les prés sont en fleurs, et le paysage bucolique nous invite à faire quelques photos, avant de rentrer sur St Goar pour dîner.
Mercredi 2 mai
Le soleil de nouveau au rendez-vous, nous partons vers 9 heures pour Mainz (Mayence), où nous arrivons un peu avant 11 heures, suite à un embouteillage. Après s'être garés au parking souterrain du Rathaus, dans la partie réservée aux dames (Frauenparkplatz), nous nous promenons dans les rues piétonnes, avant d'aller visiter la Cathédrale romane.
Mainz est une ville pittoresque et assez aérée, particulièrement typique par ses maisons à colombage dans les quartiers anciens.
Mayence
(Mainz) : Jadis siège épiscopal de princes-électeurs
influents, Mayence, promue en 1949 capitale du Land de Rhénanie-Palatinat,
jouit, au confluent du Rhin et du Main, d'un site favorable au commerce.
C'est le premier marché du vin en Allemagne et le théâtre
d'un carnaval fameux pour ses facéties, retransmises dans toute
l'Allemagne.
La gloire
de Mayence est Gutenberg, le père de l'imprimerie moderne.
Nous déjeunons
à la Brasserie "Eis Grub Brau", recommandée par le Guide
du Routard, et dont nous nous souviendrons, les salades servies étant
particulièrement copieuses.
L'estomac
bien rempli, une petite promenade digestive dans le parc situé derrière
la brasserie est bienvenue et nous succombons même au plaisir enfantin
d'une partie de balançoire.
Nous décidons
d'aller visiter la Stephankirche, mais celle-ci est malheureusement fermée,
ce qui nous oblige à rebrousser chemin pour nous rendre à
la Malakoff-Terrasse, une superbe promenade sur les bords du Rhin.
![]() |
Il fait chaud,
mais nous décidons quand même de retourner dans le centre-ville
à la recherche de chaussures pour Maman, qui souhaite acheter des
sandales allemandes confortables, dont nous avons relevé la publicité
dans un magazine allemand, il y a quelques semaines.
Malgré nos recherches, Maman revient bredouille, mais Andrée, quant à elle, achètera des "Birkenstockschuhe" dont le Guide du Routard lui a révélé l'existence la veille au soir (il s'agit une sorte de sandales orthopédiques, très à la mode chez nos amis allemands; très confortables, elles existent dans toutes les couleurs, se portent avec tout, et durent toute une vie!). |
Encore une
belle journée qui s'annonce, et c'est ainsi que nous décidons
de remonter (en voiture!) au Rocher de la Lorelei, pour refaire une promenade
dans la forêt, avant d'acheter quelques souvenirs et de frapper monnaie
à l'effigie de la Lorelei.
La température
est digne d'une belle journée d'été, et notre circuit
dans la région de la Lahn s'annonce bien. Nous traversons Nasstätten,
avant de faire une halte dans le pittoresque village de Nassau, et de déjeuner
(dans un restaurant italien !) dans la très jolie station thermale
de Bad Ems.
Bad Ems
: Cette station thermale réputée, où sont traitées
les affections rhino-pharyngés, reçu à plusieurs reprises
Guillaume 1er, roi de Prusse puis empereur d'Allemagne.
On se rappelle
l'entrevue du 13 juillet 1870, au cours de laquelle Guillaume 1er refusa
à l'ambassadeur de France, Benedetti, d'interdire "à tout
jamais" aux Hohenzollern de prétendre au trône d'Espagne.
Sa dépêche, tronquée et divulguée par Bismarck,
précipitera les hostilités franco-allemandes de 1870.
Après
une promenade dans le Kurpark, et quelques photos devant le Casino et la
statue de l'empereur Guillaume 1er, nous retournons sur Koblenz, pour continuer
notre visite de la ville et notre recherche de chaussures pour Maman et
moi-même, d'autant que l'achat de sandales d'été se
fait plus pressant, la chaleur continuant de s'imposer, malgré les
menaces toujours pessimistes de Maman, nous promettant un "grain", qui,
fort heureusement ne viendra jamais.
Nous finissons
par trouver chaussures à nos pieds (!), à la grande satisfaction
de Jeannot, qui se voyait condamné à errer encore trois jours
au long des vitrines. Enchantées par nos achats et stupéfaits
de voir qu'il est d'usage, ici, de proposer des rafraîchissements
à la clientèle, nous continuons notre visite de Koblenz,
à la recherche des principaux monuments indiqués sur notre
plan, même si cela n'est pas forcément très simple,
toutes les rues n'y étant pas répertoriées.
| Revenues en
fin d'après-midi sur St Goar, nous nous arrêtons pour y déguster
un "Maibowle", boisson traditionnelle du mois de mai, à base de
vin pétillant, particulièrement rafraîchissante. Les
effets du vin sont immédiats : Maman et moi avons les jambes coupées,
mais Andrée et Jeannot résistent plutôt bien !
Retour à l'hôtel pour dîner, même si nous n'avons plus très faim. A noter que les repas à l'hôtel sont extrêmement copieux et variés, et toujours, Rhin oblige, accompagnés, selon le cas, d'un petit vin de pays, ou d'une bière, si la journée a été difficile ou chaude |
Regrettant quelque peu de n'avoir pas imité Andrée dans l'achat de ses Birkenstockschuhe, et la fin des vacances approchant, je me promets de faire demain, au grand dam de Jeannot sans doute, un nouveau petit saut chez les marchands de chaussures de Bingen, pour en ramener une paire
Vendredi 4 mai
Nous partons
à 8h 45 pour Bingen, après nous être préalablement
arrêtés au magasin de souvenirs de la Lorelei, situé
à côté de l'hôtel.
Le centre-ville
de Bingen est assez agréable, avec ses rues piétonnes, et
après trois essais infructueux, nous finissons par trouver une paire
de Birkenstockschuhe, clôturant ainsi notre recherche de chaussures.
Nous pouvons
donc continuer notre promenade vers Rüdesheim, en passant le bac.
En effet, nous avons décidé de fêter notre dernière
journée ici, dans un sympathique restaurant de la Drosselgasse,
"Bei Hannelore", où nous dégustons des omelettes aux asperges,
au son de la musique rhénane. L'ambiance et le vin aidant, Andrée
et Jeannot, ainsi que Maman et Lakmé, se laissent aller à
quelques pas de danse.
Après
le repas, nous achetons quelques bouteilles de vin du Rhin, avant d'aller
passer un petit moment dans le parc où se situe une table d'orientation.
Samedi 5 mai
Après
notre dernier petit déjeuner, nous chargeons les bagages et quittons
l'hôtel "Loreleyblick"vers 9h15.
Après
un dernier petit arrêt pour liquider nos dernières pièces
de monnaie, au petit magasin de souvenirs, situé à côté
de l'hôtel, nous prenons la route, cette fois-ci, de la Sarre, par
Kaiserslautern et Saarbrücken.
Notre retour
sur la France s'effectue sous la pluie et nous atteignons Nancy vers 13
heures et déjeunons d'un croque-monsieur (pour les dames) et d'un
sandwich (pour Monsieur) au Buffet de la Gare, avant de nous quitter, et
espérant vivement pouvoir repartir ensemble une autre année,
tant nous avons bien ri et bien profité, durant ces quelques jours
particulièrement ensoleillés outre Rhin.
Andrée
et Jeannot doivent reprendre leur train pour Paris, vers 15h50. Ainsi s'achèvent
les épopées allemandes de Jeannot avec son sac à dos
(dans lequel il portait généreusement les petites laines
de ses trois femmes!) et d'Andrée avec ses cartes routières
et ses plans(qu'elle lisait même parfois à l'envers) !!!
Nous poursuivons,
quant à nous, notre route pour Dijon, où nous ferons halte
pour la nuit dans un "Villages Hôtel", après avoir passé
la ligne de partage des eaux Méditerrannée/Mer du Nord à
16h07.
La pluie ne
nous permettant pas de visiter Dijon, nous restons dans notre chambre,
un peu tristes de devoir rentrer.
Dimanche 6 mai
La pluie faiblissant
quelque peu, nous visitons Dijon en voiture après notre petit déjeuner,
avant de continuer notre route sur Mâcon, où nous avons décidé
de déjeuner à la Maison des Vins.
Le mauvais
temps est malheureusement bien présent sur la France, ce qui ne
fait qu'ajouter à notre tristesse de rentrer. Nous nous consolons
en nous disant que les prochaines vacances ne sont plus très loin
(encore 8 semaines!) et arrivons à Aix vers 16h30.
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