Vendredi 3 mai
Les 35 heures
aidant, nous pouvons, cette année, partir un peu plus tôt
d'Aix-en-Provence, ce qui n'est pas désagréable, puisque
nous pouvons, ainsi, accomplir les 1100 kilomètres qui nous séparent
de notre destination finale, en plusieurs fois.
C'est ainsi
que nous faisons halte dans la soirée dans le "Villages-Hôtel"de
Beaune, avant de repartir le lendemain pour Nancy, où nous attendent
Andrée et Jeannot, qui arrivent par le train de Paris de 10h25.
Après
quelques instants de détente au Buffet de la Gare, et le chargement
des bagages dans la voiture, nous reprenons la route pour Linz, où
nous arrivons, sous la pluie, vers 15h30.
Après
une courte installation à l'hôtel Weinstock, nous décidons
d'aller découvrir à pied la petite cité de Linz, très
pittoresque et particulièrement typique, du fait de ses maisons
à colombages. Tandis que Maman reste dans la voiture pour cause
de pluie, nous faisons la visite à pied sous les parapluies, quelque
peu surpris de ne rencontrer personne dans les rues de cette très
jolie bourgade rhénane.
Linz
: Cette petite cité viticole se trouve en face du confluent du Rhin
et de l'Ahr. Elle a conservé de nombreuses traces de son passé
riche et mouvementé: la très belle église Saint-Martin,
du XIIIème siècle, de vieilles maisons à colombage,
l'hôtel de ville du XIVème siècle (il passe pour être
un des plus anciens d'Allemagne), et deux portes (la Neutor et la Rheintor),
seuls vestiges de remparts et des fortifications démolis. La ville,
qui dépendait autrefois de la juridiction de l'archevêque
de Cologne, a dû une grande partie de sa prospérité,
comme d'autres localités voisines, à l'exploitation du basalte,
roche volcanique abondante à fleur de sol, qui a été
exportée, pendant des siècles, en particulier vers la Hollande.
Dimanche 5 mai
Après
un copieux petit déjeuner à 8 heures, nous décidons,
la pluie ayant cessé, de faire une visite plus approfondie de Linz
en prenant quelques photos des superbes maisons à colombages.
Nous allons
ensuite visiter le village de Leubsdorf, découvert par hasard, où
se déroule une fête et une procession quelque peu inhabituelle
pour nous. Il n'en est pas de même pour le village, puisque une dame
charmante nous explique que la procession (à laquelle nous assistons)
existe chaque semaine. Le village est entièrement décoré
de bannières colorées, d'arbres et de branches à chaque
porte, et 4 reposoirs sont répartis aux quatre coins de village,
tous plus fleuris les uns que les autres.
Après
un bref passage à la gare pour récupérer les horaires
de train pour le lendemain, nous allons déjeuner à la Brauerei
Steffens de Linz, où le cadre est charmant, et dégustons
la fameuse bière Steffens Pilsener (brassée ici même),
accompagnée de saucisses et de Kartoffelsalat.
La pluie ayant
désormais cessé, même si le ciel n'est pas encore bleu,
nous décidons de prendre le bac pour Remagen, où là
encore, une fête est organisée. Après une promenade
dans le centre, nous allons à pied visiter l'Appolinaris Kirche,
par le chemin des pèlerins.
Remagen : Cette cité s'est rendue tristement célèbre, pendant la seconde guerre mondiale. En 1945, le pont de chemin de fer, Luddendorf, qui franchissait le Rhin, était le seul que l'armée allemande en déroute n'avait pas fait sauté derrière elle; elle le défendait avec acharnement, pour en interdire le passage aux armées américaines, lorsque ne pouvant plus résister aux assauts alliés, elle décida de le dynamiter à son tour. L'opération échoua et c'est par là que les Américains s'engagèrent sur la rive droite du Rhin pour libérer le reste de l'Allemagne. Deux piles du pont, en souvenir des combats terribles qui eurent lieu là, ont été pieusement conservées de chaque côté du fleuve. A part cela, Remagen est une charmante localité qui offre, en particulier, une belle promenade le long du Rhin. On peut y voir des monuments romans (Basilique St Pierre et St Paul, Pfarrhoftor) et, à l'écart de la ville, sur une colline, au milieu des vignes, l'église Saint-Appolinaire, édifiée au XIXème siècle, dans un style néo-gothique, qui est le reliquaire où est notamment conservée la tête de ce saint du Moyen-Age. La chapelle est un lieu de pèlerinage.
Nous poursuivons
ensuite notre circuit sur les rives du Rhin, par Sinzig et Bad Breisig,
et ses thermes romains. Nous en profitons pour "déguster" l'eau
thermale (chaude !) au goût cuivré, qui ne séduit pas
particulièrement Maman, loin s'en faut.
Après
une petite promenade dans le Kurpark (parc thermal), situé au bord
du Rhin, nous décidons de nous rendre à Andernach, que nous
visitons à pied jusqu'à l'hôtel de ville, avant de
nous réfugier dans un salon de thé pour nous réchauffer,
tellement la température est basse.
Andernach : A l'approche de ce joli village, le paysage est particulièrement pittoresque : la vallée se resserre, les collines se rapprochent, des ruines de Châteaux réapparaissent. Cette portion du fleuve est connue sous le nom de "trouée d'Andernach". La ville, comme tant d'autres dans la région, a été construite sur le site d'un ancien camp romain. Son histoire, au Moyen-Age, ressemble à beaucoup de celle de ses voisines : convoitée, enjeu de batailles, prise, reprise, occupée Les époques successives y ont apporté leurs constructions et leurs destructions.
Notre promenade
s'achève par un bref passage par Bad Hönningen, où nous
nous promettons de revenir dans les jours prochains, puisque nous n'avons
ce soir, que le temps de découvrir le parc thermal et le Schloss
Arenfels, actuellement en réfection.
De retour
à l'hôtel à 18h30, il est temps de nous préparer
pour le dîner, après une journée, somme toute, bien
remplie.
Lundi 6 mai
L'heure de
notre train pour Bonn étant fixée à 7h56, nous déjeunons
très tôt, pour pouvoir profiter au maximum d'une journée,
qui s'annonce plutôt mieux au niveau du temps.
Cécile devant la statue de Beethoven |
Nous arrivons
à la gare de Bonn-Beuel à 8h19, juste à temps pour
prendre un tramway qui nous conduira directement au centre historique de
l'ancienne capitale fédérale.
Bonn n'a
pas attendu de devenir la capitale de l'Allemagne de l'Ouest, entre 1948
et 1991, pour être une cité agréable. Les habitants
ont même pu considérer que toute l'agitation née de
la nouvelle fonction de leur ville était bien ennuyeuse. Bonn est
un important centre universitaire et culturel, dont le passé comme
celui de toutes les cités de la région, est riche et, qui
plus est, s'enorgueillit, d'avoir vu naître, le 17 décembre
1770, Ludwig Van Beethoven.
Nous pouvons
ainsi découvrir le centre-ville à pied, et notamment le Rathaus
(hôtel de ville), la cathédrale, l'Université et son
parc, la célèbre statue de Beethoven au centre de la Münsterplatz,
avant d'aller visiter la maison natale de Beethoven, deux par deux, car
Lakmé n'est pas admise à l'intérieur.
|
| Beethoven
(1770-1827)
est né et a grandi dans le quartier de l'église St Rémi.
A 13 ans déjà, il jouait du violon alto et du clavecin dans
l'orchestre de la cour électorale. Ses relations avec la famille
Breuning contribuèrent à former sa personnalité.
A 22 ans, grand admirateur de Mozart et de Haydn, il quitte définitivement Bonn pour Vienne, où il arrive avec pour tout bagage, sa virtuosité de pianiste. |
La maison
de Beethoven (Beethovens Gebursthaus) : C'est la maison natale du compositeur,
dont la ville est très fière. Composée de deux maisons
qui furent réunies par la suite. Les parents du musicien vécurent
là à partir de 1767 et le petit Ludwig y naquit en 1770.
Quasiment aucun des meubles présentés n'est d'origine, mais
de nombreux instruments et partitions originales sont exposés. Dans
les pièces du 1er étage, on peut voir un orgue avec lequel
il accompagnait la messe et un alto dont il jouait également, ainsi
qu'un portrait du compositeur à 16 ans. Au 2ème étage,
la pièce de Vienne : s'y trouvent les instruments du quatuor de
Beethoven, offerts par le prince Lichnowsky, mécène attitré
de l'artiste. Une autre vitrine présente son masque mortuaire, à
l'âge de 56 ans. Dans la même vitrine, le Testament de Heiligenstadt,
écrit en 1802, époque où il était déjà
sourd.
Dans cette
même pièce le dernier piano, couvrant 6 octaves et réalisé
en 1823. La dernière salle, sous les combles, est la chambre natale
de Beethoven, où trône son buste.
Nous profitons
de notre visite dans ce musée pour acheter les 9 symphonies du célèbre
compositeur, ainsi qu'une représentation de son buste. Mais les
heures s'écoulent vite et il est bientôt temps de déjeuner
dans une taverne recommandée par le Guide du Routard: "Hännchen",
située sur la Münsterplatz.
Après
un agréable déjeuner rhénan arrosé, comme il
se doit, de bière, nous sommes tentés d'aller découvrir
la statue Beethon, une statue moderne de Beethoven, tout en béton,
mais qui est devenue un véritable symbole de la ville. Aussi, quelle
ne fut pas notre déception de voir que nous ne pourrons la voir,
même de loin, le parc dans laquelle elle se trouve, étant
occupé par le cirque Roncalli. Devant notre déception, un
sympathique monsieur allemand intervient auprès du cirque pour nous
laisser pénétrer dans le parc, mais le cirque ayant purement
et simplement encerclé la statue, nous n'avons aucune perspective
et ne pouvons donc nous rendre compte de son effet.
Quelque peu
déçus, nous commençons à accuser la fatigue
(car nous avons déjà beaucoup marché) et terminons
notre promenade par les bords du Rhin, avant d'aller reprendre un tramway
sur la Bertha von Suttner Platz, et un train pour Linz.
Après
un petit passage à l'hôtel, nous décidons de retourner
à Bad Hönningen, mais une fois encore, la pluie nous y rejoint,
et nous décidons d'aller à l'usine Birkenstock, à
Bad Honnef, car je dois acheter du produit pour les chaussures achetées
l'an dernier.
L'après-midi
se termine à Linz, par la recherche (difficile! ) de cartes postales,
avant de dîner.
Mardi 7 mai
Le beau temps est de nouveau au rendez-vous et après un copieux petit-déjeuner, nous commençons notre circuit du jour par Unkel, un charmant petit village calme, rendu célèbre par Willy Brandt, l'ancien chancelier allemand, qui en avait fait son lieu de résidence après son mandat, et ce, jusqu'à sa mort.
Unkel : Cette petite localité des bords du Rhin est surtout célèbre par l'exubérance et le nombre de ses fêtes de la vigne et du vin au moment des vendanges.
Après un agréable petit tour dans le village, nous allons à Bad Honnef, cette fois-ci pour visiter le centre-ville et découvrir le Kurhaus, tout en cherchant désespérement des WC (une recherche qui s'avèrera d'ailleurs toujours très difficile durant notre séjour).
Bad Honnef : Cette jolie station thermale jouit d'une micro-climat d'une étonnante douceur, au point qu'on a pu l'appeler la "Nice rhénane".
Nous poursuivons
ensuite notre route par Rhöndorf, un village qui jouxte Bad Honnef,
célèbre pour avoir été le lieu de résidence
d'un des plus célèbres chanceliers d'Allemagne Fédérale
: Konrad Adenauer, qui oeuvra pour la réconciliation franco-allemande,
la construction européenne, et la compréhension mutuelle
entre les peuples.
La petite
histoire veut que ce soit pour être "près de ses rosiers"
qu'il ait choisi Bonn en 1949, pour capitale de la République fédérale.
Nous profitons
de notre passage à Rhöndorf pour visiter la fondation Konrad
Adenauer, un peu déçus de ne pouvoir visiter sa maison, un
groupe ayant pris rendez-vous pour une visite isolée.
Le beau temps
désormais de la partie, nous pouvons nous rendre dans les Siebengebirge
et emprunter le petit train à crémaillère (Drachenfelsbahn),
pour nous rendre sur le sommet du Drachenfels et déjeuner à
la terrasse du Bergrestaurant de salades purement et simplement géantes.
Les Siebengebirge
: Les "Sept montagnes"constituent les derniers contreforts du massif schisteux
rhénan. Leur nombre est très improprement limité à
sept, car le massif est, en vérité, constitué d'un
très grand nombre de petits sommets, de moyenne altitude (500m au
maximum), qui proposent un cadre idéal pour la balade à pied.
Le plus fameux de ces sommets se trouve au dessus du Rhin: c'est le fameux
Drachenfels (320m), le "rocher du Dragon", dont il est question dans la
légende de Siegfried (les étymologistes "sérieux"
n'accordent pas beaucoup d'importance à ce "dragon" : le nom du
rocher, pour eux, viendrait du mot grec trachis, qui signifie pierreux).
Il est dominé par une forteresse en ruine, tandis qu'à mi-pente,
aujourd'hui aménagé en hôtellerie, se trouve un Château
construit de toutes pièces, à la fin du XIXème siècle
par un riche banquier. La région, à cette époque,
a été menacée d'un curieux péril : une trop
intense exploitation des carrières de pierres. Depuis, elle fait
l'objet d'une protection attentive et constitue un lieu de séjour
fort reposant.
Mercredi 8 mai
La journée
s'annonce à nouveau sous de bons auspices, et c'est ainsi que nous
prenons le train pour Cologne à 7h56, où nous arrivons à
8h53.
La gare de
Cologne est située en plein centre, à côté de
la Cathédrale et c'est tout naturellement que nous commençons
notre visite par ce célèbre monument, véritable symbole
de la ville. Nous serons, par contre, contraints, d'y revenir plus tard
dans la journée, ne pouvant, pour l'instant, voir la châsse
des Rois Mages, pour cause d'office.
L'eau de
Cologne : La célèbre "Aqua mirabile" était déjà
connue à Cologne au XVIème siècle. Toutefois, son
commerce ne commença qu'au XVIIIème siècle, avec l'arrivée
d'une famille d'immigrants italiens : les Farina. Jean-Marie Farina développa
la vente de cette préparation, censée posséder des
vertus médicinales. Son succès poussa d'autres fabricants
à produire eux aussi cette eau miraculeuse, bientôt exportée
sous le nom d'Eau de Cologne. L'un deux, Wilhelm Mühlens, fonda en
1792 un établissement dans la Glockengasse.
Pendant l'occupation
française, l'administration napoléonienne interdit l'utilisation
de l'eau de Cologne comme remède. Les ingénieux fabricants
eurent tôt fait de contourner la loi, et leur produit fut bientôt
présenté sous forme d'eau de toilette.
A la même
époque, l'occupant français établit un numérotage
des maisons et des rues. C'est ainsi que fut attribué à la
maison Mühlens de la Glockengasse le numéro 4711, qui devint
en 1875 la marque de fabrique de la "Véritable Eau de Cologne" (Echt
Kölnisch Wasser).
Sur le pignon
de la maison 4711 dans la Glockengasse, un carillon entonne la "Marseillaise"
toutes les heures de 9h à 21 h.
Mais l'heure
tourne, et il est déjà temps d'aller faire une promenade
d'une heure en bateau pour une visite de Cologne depuis le Rhin, avec la
Compagnie KD.
Visite de
la capitale rhénane oblige, il est de bon ton de déjeuner
"rhénan" et c'est ainsi que nous nous rendons au "Brauhaus Sion",
une taverne recommandée par le Guide du Routard, pour déguster
un "Himmel und Äd", un délicieux boudin noir accompagné
d'une purée et d'une compote de pommes.
L'opération
des cartes postales accomplie, il reste à dénicher le disquaire
Saturn, le disquaire le plus grand du monde (!), car nous avons décidé
de rapporter un disque de Mozart qui nous faisait défaut : le concerto
"Jeune Homme".
La température
monte mais nous décidons quand même de nous rendre au Rheinpark,
même si aucun métro ne semble y aller. C'est ainsi que nous
parcourons à pied 1km sur le Pont Hohenzollern, avant de nous échouer
sur une pelouse, complètement exténués, à l'exception
d'Andrée toujours vaillante, qui aurait encore pu poursuivre son
marathon dans le parc !
Après
une nouvelle traversée du pont Hohenzollern, le bac traversant le
Rhin ne fonctionnant apparemment plus, nous reprenons un train à
17h05, qui nous permettra d'arriver à Linz à 18h00.
Maman indisposée,
sans doute à cause du boudin noir, ne pourra malheureusement profiter
du délicieux repas, qui nous sera offert à l'hôtel,
après cette journée, particulièrement bien remplie.
Jeudi 9
mai
| Le soleil
et la chaleur au rendez-vous, Andrée nous offre un "Maibowle"aux
fraises, absolument délicieux, à une terrasse au bord de
la Moselle, avant de déjeuner à un "Imbiss"de savoureuses
saucisses blanches, de frites et de salade.
Notre visite de Cochem se termine par l'achat de vins blancs de Moselle et d'une bouteille de "Maibowle"que nous dégusterons à notre retour en France, sans doute à l'occasion de la fête des mères. L'après-midi se poursuit en suivant le cours de la Moselle, calme et bucolique, alors que nous sommes toujours accompagnés d'un soleil éclatant. |
La ville est,
toutefois, très animée et tout à fait différente
de celle que nous avions découvert, il y a quelques jours.
Après
cette journée bien remplie, nous sommes de retour à l'hôtel
de 18h45, mais l'effervescence du village dans la journée a sans
doute perturbé quelque peu nos hôteliers, car nous sommes
oubliés pour le dîner mais la situation est bien vite rétablie
!
Vendredi 10 mai
Pour notre
dernière journée sur le Rhin, le temps est plus moyen que
les jours précédents, mais la température reste très
douce.
Notre journée
débute par quelques achats de dernière minute à Linz,
avec notamment l'achat de chaussures, à la grande satisfaction de
Jeannot, qui comme l'année dernière, se voyait condamné
à errer encore longtemps, d'autant que, selon sa propre estimation,
le temps moyen passé à rechercher ou à essayer des
sandales depuis notre arrivée sur le sol allemand, s'élèverait
à 2 heures et demi
Il est enfin
temps de prendre le bac pour Oberwinter, car nous avons décidé
d'aller découvrir le "Rolandsbogen".
Le Rolandsbogen : En aval de Remagen, sur la même rive, se trouve une curiosité: un Château en ruine, le Rolandsbogen. La curiosité ne tient pas tellement à la nature de la construction (les Châteaux ne manquent pas dans les environs), ni au fait qu'il est en ruines, mais à ce qu'il a été intentionnellement construit en ruines. La forteresse qui existait là avait subi les outrages du temps et d'un certain nombre d'assaillants. Après la guerre de Trente Ans, elle fut démolie et, peu à peu, envahie de lierre. C'est alors qu'on s'avisa que cette bâtisse pouvait avoir une histoire intéressante: il fut imaginé que Roland, neveu de Charlemagne, pouvait avoir passé ici la fin de sa vie en soupirant après sa fiancée, Hildegarde, qui s'était enfermée, après avoir appris la fausse nouvelle de la mort de son promis, au couvent de Nonenwerth, sur l'île du Rhin, pas très loin de l'endroit. L'histoire était charmante. Lorsque la fenêtre par laquelle le vaillant chevalier était censé avoir passé de longues années à tenter d'apercevoir son ancienne promise se fut écroulée, on eut à coeur de la reconstruire. Le plus grand architecte de la région et du moment, celui qui avait ajouté ses tours à la cathédrale de Cologne, Zwirner, dessina le Rolandsbogen, "l'arche de Roland", tel qu'on peut le voir aujourd'hui, c'est-à-dire qu'il construisit en réalité, une ruine. Cela se passait, est-il besoin de le préciser, au XIXème siècle L'endroit, en définitive, ne manque pas de charme, ne serait-ce que pour la vue que l'on a sur la vallée et sur le dernier obstacle que le fleuve s'apprête à franchir, les Siebengebirge.
Nous décidons
de parcourir à pied les 2km500 qui nous séparent du Rolandsbogen,
depuis le parking, d'autant qu'il fait bon, même si le ciel est un
peu menaçant. La promenade dans la campagne est très agréable,
et après quelques petites gouttes de pluie, il est déjà
temps de chercher un endroit sympathique pour déjeuner.
Notre passage
par Bad Godesberg, en voiture, ne nous procure rien de tel, et nous décidons
de retourner à Linz pour déjeuner, comme au début
de notre séjour, à la "Brauerei Steffens", à Linz.
L'après-midi
se poursuit, sans pluie, par la visite des villages des bords du Rhin :
Leutesdorf, Rheinbrohl, Bad Hönningen, avec son parc thermal et son
centre-ville, où nous achetons un toaster, dont le prix est particulièrement
engageant.
Après
un bref retour par Linz, pour récupérer une jolie médaille
dorée et gravée pour Lakmé (commandée quelques
jours plus tôt), Jeannot nous offre un apéritif pour fêter
la fin de notre séjour, alors que la température très
douce nous incite à poursuivre en dînant dans le parc de l'hôtel.
Mais l'heure
tourne, le départ approche et il est bientôt temps de régler
nos notes respectives, avec un léger malentendu, quant à
l'utilisation de nos cartes bleues VISA, l'hôtelier ne les acceptant,
apparemment en règle générale, que pour les ressortissants
allemands.
Samedi 11 mai
Ayant profité
pleinement de notre dernière journée, il est, par conséquent,
nécessaire de se lever très tôt aujourd'hui pour préparer
les bagages et charger la voiture.
Après
un dernier petit déjeuner, le providentiel Jeannot, toujours aussi
expert en chargement de bagages, utilise tous les espaces libres du coffre
pour caser valises, sacs et autres achats, et c'est ainsi que nous prenons
la route vers 9h00 pour Nancy, où nous devons ramener Andrée
et Jeannot, qui doivent reprendre leur train pour Paris.
Nous atteignons
Nancy à 12h15 et prenons un en-cas au Buffet de la Gare, accompagné
d'eau du robinet !. Pas d'alcool à cette heure on est déjà
bien loin de nos Pils teutonnes.
Andrée
et Jeannot peuvent prendre un train plus tôt, tandis que nous poursuivons
notre route sur Châlon sur Saône, puisque nous avons réussi
à obtenir une chambre au "Villages Hôtel".
Après
de petits achats alimentaires au magasin "Aldi" de Châlon, situé
non loin de l'hôtel, nous nous apprêtons à passer une
bonne nuit, avant de reprendre le lendemain la route pour Aix-en-Provence,
que nous atteindrons vers 12h30, satisfaits de ce séjour en Rhénanie,
même si nous sommes tous, un peu fatigués.
Ce nouveau
séjour en Allemagne, globalement très agréable au
niveau du temps, nous laisse, une nouvelle fois, un bon souvenir, d'autant
qu'il nous permet à tous de passer de bons moments, en espérant
avoir à nouveau la chance de découvrir de nouveaux horizons
ensemble.
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