CARNET DE VOYAGE/printemps 2002
 

          Photo FC
L'Allemagne entre Rhin et Moselle

Warum ist es am Rhein so schön ? C'est pour tenter de répondre à cette question, que nous avons décidé, cette année encore, de nous rendre en Rhénanie et plus précisément sur la portion du fleuve allant de Koblenz (Coblence) à Köln (Cologne), terminant ainsi notre découverte du fleuve entamée l'an dernier par la portion du Rhin romantique.

Par Cécile Bordeau

Vendredi 3 mai

Les 35 heures aidant, nous pouvons, cette année, partir un peu plus tôt d'Aix-en-Provence, ce qui n'est pas désagréable, puisque nous pouvons, ainsi, accomplir les 1100 kilomètres qui nous séparent de notre destination finale, en plusieurs fois.
C'est ainsi que nous faisons halte dans la soirée dans le "Villages-Hôtel"de Beaune, avant de repartir le lendemain pour Nancy, où nous attendent Andrée et Jeannot, qui arrivent par le train de Paris de 10h25.
Après quelques instants de détente au Buffet de la Gare, et le chargement des bagages dans la voiture, nous reprenons la route pour Linz, où nous arrivons, sous la pluie, vers 15h30.
Après une courte installation à l'hôtel Weinstock, nous décidons d'aller découvrir à pied la petite cité de Linz, très pittoresque et particulièrement typique, du fait de ses maisons à colombages. Tandis que Maman reste dans la voiture pour cause de pluie, nous faisons la visite à pied sous les parapluies, quelque peu surpris de ne rencontrer personne dans les rues de cette très jolie bourgade rhénane.

Linz : Cette petite cité viticole se trouve en face du confluent du Rhin et de l'Ahr. Elle a conservé de nombreuses traces de son passé riche et mouvementé: la très belle église Saint-Martin, du XIIIème siècle, de vieilles maisons à colombage, l'hôtel de ville du XIVème siècle (il passe pour être un des plus anciens d'Allemagne), et deux portes (la Neutor et la Rheintor), seuls vestiges de remparts et des fortifications démolis. La ville, qui dépendait autrefois de la juridiction de l'archevêque de Cologne, a dû une grande partie de sa prospérité, comme d'autres localités voisines, à l'exploitation du basalte, roche volcanique abondante à fleur de sol, qui a été exportée, pendant des siècles, en particulier vers la Hollande.
 
Nous décidons ensuite d'aller repérer la gare, car nous avons décidé de nous rendre par le train, à Bonn et à Cologne, dans les jours qui suivent.
Durant le dîner, nous regardons les nombreux bateaux qui remontent le Rhin et qui redescendront, une heure et demi plus tard, dans le cadre de la manifestation du "Rhin en Flammes", point d'orgue de notre séjour sur le Rhin, cette année, et qui n'est organisée qu'une fois par an (chaque premier samedi de mai) sur cette portion du fleuve, entre Linz et Bonn.
La pluie s'intensifie mais conformément au programme, le Rhin s'illumine à 21h40 précises, à la faveur de superbes feux d'artifice et de feux de Bengale qui jalonnent le cours du fleuve, alors que plus de 80 bateaux de promenade et de croisière, entièrement pavoisés et illuminés, redescendent le Rhin, pour rejoindre Bonn, peu avant minuit, alors que doit retentir "l'Ode à la Joie"de Ludwig Van Beethoven, sous les lumières d'un feu d'artifice géant.
Il fait froid, la pluie semble ne plus vouloir s'arrêter, mais nous assistons, vaille que vaille, à ce spectacle inoubliable, depuis le quai situé devant notre hôtel, particulièrement satisfaits que cette manifestation ait pu avoir lieu malgré le mauvais temps, avant de nous coucher à 22h30.

      Photo FC

Dimanche 5 mai

Après un copieux petit déjeuner à 8 heures, nous décidons, la pluie ayant cessé, de faire une visite plus approfondie de Linz en prenant quelques photos des superbes maisons à colombages.
Nous allons ensuite visiter le village de Leubsdorf, découvert par hasard, où se déroule une fête et une procession quelque peu inhabituelle pour nous. Il n'en est pas de même pour le village, puisque une dame charmante nous explique que la procession (à laquelle nous assistons) existe chaque semaine. Le village est entièrement décoré de bannières colorées, d'arbres et de branches à chaque porte, et 4 reposoirs sont répartis aux quatre coins de village, tous plus fleuris les uns que les autres.
Après un bref passage à la gare pour récupérer les horaires de train pour le lendemain, nous allons déjeuner à la Brauerei Steffens de Linz, où le cadre est charmant, et dégustons la fameuse bière Steffens Pilsener (brassée ici même), accompagnée de saucisses et de Kartoffelsalat.
La pluie ayant désormais cessé, même si le ciel n'est pas encore bleu, nous décidons de prendre le bac pour Remagen, où là encore, une fête est organisée. Après une promenade dans le centre, nous allons à pied visiter l'Appolinaris Kirche, par le chemin des pèlerins.

Remagen : Cette cité s'est rendue tristement célèbre, pendant la seconde guerre mondiale. En 1945, le pont de chemin de fer, Luddendorf, qui franchissait le Rhin, était le seul que l'armée allemande en déroute n'avait pas fait sauté derrière elle; elle le défendait avec acharnement, pour en interdire le passage aux armées américaines, lorsque ne pouvant plus résister aux assauts alliés, elle décida de le dynamiter à son tour. L'opération échoua et c'est par là que les Américains s'engagèrent sur la rive droite du Rhin pour libérer le reste de l'Allemagne. Deux piles du pont, en souvenir des combats terribles qui eurent lieu là, ont été pieusement conservées de chaque côté du fleuve. A part cela, Remagen est une charmante localité qui offre, en particulier, une belle promenade le long du Rhin. On peut y voir des monuments romans (Basilique St Pierre et St Paul, Pfarrhoftor) et, à l'écart de la ville, sur une colline, au milieu des vignes, l'église Saint-Appolinaire, édifiée au XIXème siècle, dans un style néo-gothique, qui est le reliquaire où est notamment conservée la tête de ce saint du Moyen-Age. La chapelle est un lieu de pèlerinage.

Nous poursuivons ensuite notre circuit sur les rives du Rhin, par Sinzig et Bad Breisig, et ses thermes romains. Nous en profitons pour "déguster" l'eau thermale (chaude !) au goût cuivré, qui ne séduit pas particulièrement Maman, loin s'en faut.
Après une petite promenade dans le Kurpark (parc thermal), situé au bord du Rhin, nous décidons de nous rendre à Andernach, que nous visitons à pied jusqu'à l'hôtel de ville, avant de nous réfugier dans un salon de thé pour nous réchauffer, tellement la température est basse.

Andernach : A l'approche de ce joli village, le paysage est particulièrement pittoresque : la vallée se resserre, les collines se rapprochent, des ruines de Châteaux réapparaissent. Cette portion du fleuve est connue sous le nom de "trouée d'Andernach". La ville, comme tant d'autres dans la région, a été construite sur le site d'un ancien camp romain. Son histoire, au Moyen-Age, ressemble à beaucoup de celle de ses voisines : convoitée, enjeu de batailles, prise, reprise, occupée Les époques successives y ont apporté leurs constructions et leurs destructions.

Notre promenade s'achève par un bref passage par Bad Hönningen, où nous nous promettons de revenir dans les jours prochains, puisque nous n'avons ce soir, que le temps de découvrir le parc thermal et le Schloss Arenfels, actuellement en réfection.
De retour à l'hôtel à 18h30, il est temps de nous préparer pour le dîner, après une journée, somme toute, bien remplie.

Lundi 6 mai

L'heure de notre train pour Bonn étant fixée à 7h56, nous déjeunons très tôt, pour pouvoir profiter au maximum d'une journée, qui s'annonce plutôt mieux au niveau du temps.
 

    Cécile devant la statue 
       de Beethoven
Nous arrivons à la gare de Bonn-Beuel à 8h19, juste à temps pour prendre un tramway qui nous conduira directement au centre historique de l'ancienne capitale fédérale.

Bonn n'a pas attendu de devenir la capitale de l'Allemagne de l'Ouest, entre 1948 et 1991, pour être une cité agréable. Les habitants ont même pu considérer que toute l'agitation née de la nouvelle fonction de leur ville était bien ennuyeuse. Bonn est un important centre universitaire et culturel, dont le passé comme celui de toutes les cités de la région, est riche et, qui plus est, s'enorgueillit, d'avoir vu naître, le 17 décembre 1770, Ludwig Van Beethoven.
Bonn, qui ne devait être, en 1949, qu'une capitale provisoire, est demeurée quarante années durant une véritable ville de gouvernement, dont certaines institutions continueront à jouer un rôle dans le cadre de l'Allemagne réunifiée.

Nous pouvons ainsi découvrir le centre-ville à pied, et notamment le Rathaus (hôtel de ville), la cathédrale, l'Université et son parc, la célèbre statue de Beethoven au centre de la Münsterplatz, avant d'aller visiter la maison natale de Beethoven, deux par deux, car Lakmé n'est pas admise à l'intérieur.
 

Beethoven (1770-1827) est né et a grandi dans le quartier de l'église St Rémi. A 13 ans déjà, il jouait du violon alto et du clavecin dans l'orchestre de la cour électorale. Ses relations avec la famille Breuning contribuèrent à former sa personnalité.
A 22 ans, grand admirateur de Mozart et de Haydn, il quitte définitivement Bonn pour Vienne, où il arrive avec pour tout bagage, sa virtuosité de pianiste.

La maison de Beethoven (Beethovens Gebursthaus) : C'est la maison natale du compositeur, dont la ville est très fière. Composée de deux maisons qui furent réunies par la suite. Les parents du musicien vécurent là à partir de 1767 et le petit Ludwig y naquit en 1770. Quasiment aucun des meubles présentés n'est d'origine, mais de nombreux instruments et partitions originales sont exposés. Dans les pièces du 1er étage, on peut voir un orgue avec lequel il accompagnait la messe et un alto dont il jouait également, ainsi qu'un portrait du compositeur à 16 ans. Au 2ème étage, la pièce de Vienne : s'y trouvent les instruments du quatuor de Beethoven, offerts par le prince Lichnowsky, mécène attitré de l'artiste. Une autre vitrine présente son masque mortuaire, à l'âge de 56 ans. Dans la même vitrine, le Testament de Heiligenstadt, écrit en 1802, époque où il était déjà sourd.
Dans cette même pièce le dernier piano, couvrant 6 octaves et réalisé en 1823. La dernière salle, sous les combles, est la chambre natale de Beethoven, où trône son buste.

Nous profitons de notre visite dans ce musée pour acheter les 9 symphonies du célèbre compositeur, ainsi qu'une représentation de son buste. Mais les heures s'écoulent vite et il est bientôt temps de déjeuner dans une taverne recommandée par le Guide du Routard: "Hännchen", située sur la Münsterplatz.
Après un agréable déjeuner rhénan arrosé, comme il se doit, de bière, nous sommes tentés d'aller découvrir la statue Beethon, une statue moderne de Beethoven, tout en béton, mais qui est devenue un véritable symbole de la ville. Aussi, quelle ne fut pas notre déception de voir que nous ne pourrons la voir, même de loin, le parc dans laquelle elle se trouve, étant occupé par le cirque Roncalli. Devant notre déception, un sympathique monsieur allemand intervient auprès du cirque pour nous laisser pénétrer dans le parc, mais le cirque ayant purement et simplement encerclé la statue, nous n'avons aucune perspective et ne pouvons donc nous rendre compte de son effet.
Quelque peu déçus, nous commençons à accuser la fatigue (car nous avons déjà beaucoup marché) et terminons notre promenade par les bords du Rhin, avant d'aller reprendre un tramway sur la Bertha von Suttner Platz, et un train pour Linz.
Après un petit passage à l'hôtel, nous décidons de retourner à Bad Hönningen, mais une fois encore, la pluie nous y rejoint, et nous décidons d'aller à l'usine Birkenstock, à Bad Honnef, car je dois acheter du produit pour les chaussures achetées l'an dernier.
L'après-midi se termine à Linz, par la recherche (difficile! ) de cartes postales, avant de dîner.

Mardi 7 mai

Le beau temps est de nouveau au rendez-vous et après un copieux petit-déjeuner, nous commençons notre circuit du jour par Unkel, un charmant petit village calme, rendu célèbre par Willy Brandt, l'ancien chancelier allemand, qui en avait fait son lieu de résidence après son mandat, et ce, jusqu'à sa mort.

Unkel : Cette petite localité des bords du Rhin est surtout célèbre par l'exubérance et le nombre de ses fêtes de la vigne et du vin au moment des vendanges.

Après un agréable petit tour dans le village, nous allons à Bad Honnef, cette fois-ci pour visiter le centre-ville et découvrir le Kurhaus, tout en cherchant désespérement des WC (une recherche qui s'avèrera d'ailleurs toujours très difficile durant notre séjour).

Bad Honnef : Cette jolie station thermale jouit d'une micro-climat d'une étonnante douceur, au point qu'on a pu l'appeler la "Nice rhénane".

Nous poursuivons ensuite notre route par Rhöndorf, un village qui jouxte Bad Honnef, célèbre pour avoir été le lieu de résidence d'un des plus célèbres chanceliers d'Allemagne Fédérale : Konrad Adenauer, qui oeuvra pour la réconciliation franco-allemande, la construction européenne, et la compréhension mutuelle entre les peuples.
La petite histoire veut que ce soit pour être "près de ses rosiers" qu'il ait choisi Bonn en 1949, pour capitale de la République fédérale.
Nous profitons de notre passage à Rhöndorf pour visiter la fondation Konrad Adenauer, un peu déçus de ne pouvoir visiter sa maison, un groupe ayant pris rendez-vous pour une visite isolée.
Le beau temps désormais de la partie, nous pouvons nous rendre dans les Siebengebirge et emprunter le petit train à crémaillère (Drachenfelsbahn), pour nous rendre sur le sommet du Drachenfels et déjeuner à la terrasse du Bergrestaurant de salades purement et simplement géantes.

Les Siebengebirge : Les "Sept montagnes"constituent les derniers contreforts du massif schisteux rhénan. Leur nombre est très improprement limité à sept, car le massif est, en vérité, constitué d'un très grand nombre de petits sommets, de moyenne altitude (500m au maximum), qui proposent un cadre idéal pour la balade à pied. Le plus fameux de ces sommets se trouve au dessus du Rhin: c'est le fameux Drachenfels (320m), le "rocher du Dragon", dont il est question dans la légende de Siegfried (les étymologistes "sérieux" n'accordent pas beaucoup d'importance à ce "dragon" : le nom du rocher, pour eux, viendrait du mot grec trachis, qui signifie pierreux). Il est dominé par une forteresse en ruine, tandis qu'à mi-pente, aujourd'hui aménagé en hôtellerie, se trouve un Château construit de toutes pièces, à la fin du XIXème siècle par un riche banquier. La région, à cette époque, a été menacée d'un curieux péril : une trop intense exploitation des carrières de pierres. Depuis, elle fait l'objet d'une protection attentive et constitue un lieu de séjour fort reposant.
 

La vue sur le Rhin est magnifique et le ciel complètement dégagé, nous avons même la chance d'apercevoir, dans le lointain, l'imposante cathédrale de Cologne.

Après une agréable promenade dans les sentiers du Drachenfels, nous redescendons pour aller visiter Königswinter, une agréable localité des bords du Rhin, où nous aurons, pour la première fois, l'occasion d'acheter quelques souvenirs, avant de poursuivre notre promenade par le Sommet du Petersberg, où se trouve un hôtel, édifié sur les ruines d'un ancien couvent, et où le gouvernement fédéral recevait ses invités officiels (la plupart des grands hommes politiques du XXème siècle, y ont séjourné et aujourd'hui encore, des hôtes prestigieux séjournent).

Mais la journée tire bientôt à sa fin, et il est déjà temps de retourner sur Linz, pour faire quelques retraits d'argent liquide, nos réserves s'amenuisant déjà. A nouveau renfloués, nous passons un petit moment au soleil au bord du Rhin, pleinement satisfaits de cette belle journée ensoleillée, avant d'aller dîner.


    Photo FC

Mercredi 8 mai

La journée s'annonce à nouveau sous de bons auspices, et c'est ainsi que nous prenons le train pour Cologne à 7h56, où nous arrivons à 8h53.
La gare de Cologne est située en plein centre, à côté de la Cathédrale et c'est tout naturellement que nous commençons notre visite par ce célèbre monument, véritable symbole de la ville. Nous serons, par contre, contraints, d'y revenir plus tard dans la journée, ne pouvant, pour l'instant, voir la châsse des Rois Mages, pour cause d'office.
 

     Photo CB
Cologne est la métropole rhénane, l'une des plus grande villes d'Allemagne (4ème ville d'Allemagne), et assurément la plus belle ville du bord de Rhin. Presque totalement détruite pendant la guerre, Cologne s'est relevée avec un étonnant courage et une stupéfiante rapidité. Comme dans la plupart des villes allemandes, on a opté pour un vaste centre piéton, éliminant toute circulation. Les bords du Rhin ont retrouvé une animation débordante et, même si la vieille ville, n'est pas très ancienne, les hautes maisons à pignons, toutes pimpantes, ont été rénovées avec soin et dégagent un charme certain. Bien sûr, dans les années 70, quelques réalisations architecturales pseudo-avant-gardistes sont venues défigurer le centre, mais, avec sa fameuse cathédrale (une des cartes postales les plus vendues d'Allemagne), son chapelet de musées passionnants, son fabuleux carnaval et sa célèbre eau (de Cologne), la plus grande métropole rhénane mérite incontestablement une visite approfondie.

 
La cathédrale de Cologne : Elle représente le coeur de la ville et constitue le monument le plus visité d'Allemagne, et de loin (5 millions de visiteurs en 1999!).
L'effigie de la "Rome allemande" a récemment fêté ses 750 printemps avec pour cadeau une inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Elle fut bâtie à partir de 1248, sur l'emplacement d'une ancienne église carolingienne, du IXème siècle. Le plan fut imité des cathédrales d'Amiens et de Beauvais, les pierres furent prises dans les Siebengebirge. Les travaux marchèrent lentement et, trois siècles plus tard, en 1554, la cathédrale toujours inachevée, ils furent arrêtés. Au XIXème siècle, avec l'intérêt pour le Moyen Age, le développement aussi du nationalisme allemand, la construction reprit : en 1843, le roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse posa la première pierre des tours qui furent achevées en 1880, dans le respect scrupuleux, mais un peu froid, des plans du XIIIème siècle qui avaient été conservés. Le bâtiment fut endommagé par les bombardements de 1943 et 1944, mais, par miracle, il resta debout.


         Photo FC

 

     Photo FC
L'extérieur est impressionnant: la façade est large de 61m, les tours, qui ont près de 160m de hauteur (à l'époque de leur édification, elles étaient les plus hautes du monde) se terminent par des flèches hardies, tandis que la partie la plus ancienne du bâtiment, le chevet, semble s'élancer d'une forêt de piliers et d'une incroyable rangée d'arcs-boutants.

L'intérieur est saisissant : la légèreté, la puissance et la grâce de l'ensemble sont remarquables. Les détails ne sont pas moins remarquables (vitraux, statues, stalles richement décorées d'animaux mythologiques, de personnages).

Le bâtiment contient, derrière le maître-autel, un trésor éblouissant, la châsse des rois-mages (Dreikönigsschrein), reliquaire en or massif, étincelant d'émaux, et de pierres précieuses, exécuté par le maître-orfèvre français Nicolas de Verdun à la fin du XIIème siècle.

Cette châsse contiendrait les reliques des rois mages.

Notre découverte de Cologne se poursuit par la visite de la célèbre maison 4711 (située comme son nom l'indique au 4711 de la Glockengasse), et l'achat de flacons et autres produits de la marque. A l'entrée du magasin, une fontaine-tonneau débite de l'eau de cologne en continu pour les clients.

L'eau de Cologne : La célèbre "Aqua mirabile" était déjà connue à Cologne au XVIème siècle. Toutefois, son commerce ne commença qu'au XVIIIème siècle, avec l'arrivée d'une famille d'immigrants italiens : les Farina. Jean-Marie Farina développa la vente de cette préparation, censée posséder des vertus médicinales. Son succès poussa d'autres fabricants à produire eux aussi cette eau miraculeuse, bientôt exportée sous le nom d'Eau de Cologne. L'un deux, Wilhelm Mühlens, fonda en 1792 un établissement dans la Glockengasse.
Pendant l'occupation française, l'administration napoléonienne interdit l'utilisation de l'eau de Cologne comme remède. Les ingénieux fabricants eurent tôt fait de contourner la loi, et leur produit fut bientôt présenté sous forme d'eau de toilette.
A la même époque, l'occupant français établit un numérotage des maisons et des rues. C'est ainsi que fut attribué à la maison Mühlens de la Glockengasse le numéro 4711, qui devint en 1875 la marque de fabrique de la "Véritable Eau de Cologne" (Echt Kölnisch Wasser).

Sur le pignon de la maison 4711 dans la Glockengasse, un carillon entonne la "Marseillaise" toutes les heures de 9h à 21 h.
Mais l'heure tourne, et il est déjà temps d'aller faire une promenade d'une heure en bateau pour une visite de Cologne depuis le Rhin, avec la Compagnie KD.
Visite de la capitale rhénane oblige, il est de bon ton de déjeuner "rhénan" et c'est ainsi que nous nous rendons au "Brauhaus Sion", une taverne recommandée par le Guide du Routard, pour déguster un "Himmel und Äd", un délicieux boudin noir accompagné d'une purée et d'une compote de pommes.
L'opération des cartes postales accomplie, il reste à dénicher le disquaire Saturn, le disquaire le plus grand du monde (!), car nous avons décidé de rapporter un disque de Mozart qui nous faisait défaut : le concerto "Jeune Homme".
La température monte mais nous décidons quand même de nous rendre au Rheinpark, même si aucun métro ne semble y aller. C'est ainsi que nous parcourons à pied 1km sur le Pont Hohenzollern, avant de nous échouer sur une pelouse, complètement exténués, à l'exception d'Andrée toujours vaillante, qui aurait encore pu poursuivre son marathon dans le parc !
Après une nouvelle traversée du pont Hohenzollern, le bac traversant le Rhin ne fonctionnant apparemment plus, nous reprenons un train à 17h05, qui nous permettra d'arriver à Linz à 18h00.
Maman indisposée, sans doute à cause du boudin noir, ne pourra malheureusement profiter du délicieux repas, qui nous sera offert à l'hôtel, après cette journée, particulièrement bien remplie.

Jeudi 9 mai
 
Encore une belle journée ensoleillée, idéale pour se rendre sur la Moselle.

La Moselle : Par contraste avec la vallée du Rhin, remplie de mélancolie et d'une magie un peu sombre, ne serait-ce qu'en raison du nombre de légendes, plus ou moins tragiques, qui y sont attachées, la Moselle est beaucoup plus douce et plus riante. Son cours est plus sinueux, plus calme, comme affecté d'une certaine insouciance et même d'une certaine gaieté. Comme les rives du Rhin, les coteaux mosellans sont couverts de vignes.

Nous quittons ainsi l'hôtel à 9h05 pour découvrir Cochem, la perle de la Moselle: une cité très pittoresque et célèbre par son Château (Burg Cochem) construit sur un promontoir.
Le centre-ville est très sympathique, et les échoppes de vins mosellans nombreuses.

Cochem : C'est une petite ville très pittoresquement groupée autour d'un Château reconstruit au XIXème siècle, et tapie au creux d'un coude de la Moselle. Avec ses coteaux plantés de vignes, Cochem mérite également une halte pour ses bons petits de vins.


    Photo CB 
Le soleil et la chaleur au rendez-vous, Andrée nous offre un "Maibowle"aux fraises, absolument délicieux, à une terrasse au bord de la Moselle, avant de déjeuner à un "Imbiss"de savoureuses saucisses blanches, de frites et de salade.
Notre visite de Cochem se termine par l'achat de vins blancs de Moselle et d'une bouteille de "Maibowle"que nous dégusterons à notre retour en France, sans doute à l'occasion de la fête des mères.
L'après-midi se poursuit en suivant le cours de la Moselle, calme et bucolique, alors que nous sommes toujours accompagnés d'un soleil éclatant.

 Photo CB
C'est ainsi que nous faisons halte à Treis-Karden, pour visiter l'église St Castor, qui représente l'étape de transition entre le style roman rhénan et le gothique. 
Nous tentons de découvrir le Burg Eltz, mais en vain, car il n'est accessible qu'à pied, et il reste 3,5km depuis le parking
Après une petite pause au bord de la Moselle à Hatzenport, la route se poursuit par Kobern Gondorf et Winningen, un très joli petit village mosellan, où nous recherchons, une nouvelle fois, des WC, en vain!

Après cet agréable circuit longeant la Moselle, nous atteignons Coblence, où le beau temps a attiré de très nombreux promeneurs, notamment aux abords du "Deutsches Eck", et où la recherche de places de parking est quelque peu difficile. Nous finissons par en trouver une, et décidons de nous rendre au "Weindorf", ce sympathique restaurant que nous avions découvert l'an dernier, pour une tournée que j'offre à tous, alors que l'Harmonie installée sous les parasols, nous procure un fond sonore, bien sympathique.
Désaltérés, nous retournons sur Linz, où nous arrivons malheureusement trop tard pour le festival des orgues de barbarie. 

La ville est, toutefois, très animée et tout à fait différente de celle que nous avions découvert, il y a quelques jours.
Après cette journée bien remplie, nous sommes de retour à l'hôtel de 18h45, mais l'effervescence du village dans la journée a sans doute perturbé quelque peu nos hôteliers, car nous sommes oubliés pour le dîner mais la situation est bien vite rétablie !

Vendredi 10 mai

Pour notre dernière journée sur le Rhin, le temps est plus moyen que les jours précédents, mais la température reste très douce.
Notre journée débute par quelques achats de dernière minute à Linz, avec notamment l'achat de chaussures, à la grande satisfaction de Jeannot, qui comme l'année dernière, se voyait condamné à errer encore longtemps, d'autant que, selon sa propre estimation, le temps moyen passé à rechercher ou à essayer des sandales depuis notre arrivée sur le sol allemand, s'élèverait à 2 heures et demi
Il est enfin temps de prendre le bac pour Oberwinter, car nous avons décidé d'aller découvrir le "Rolandsbogen".

Le Rolandsbogen : En aval de Remagen, sur la même rive, se trouve une curiosité: un Château en ruine, le Rolandsbogen. La curiosité ne tient pas tellement à la nature de la construction (les Châteaux ne manquent pas dans les environs), ni au fait qu'il est en ruines, mais à ce qu'il a été intentionnellement construit en ruines. La forteresse qui existait là avait subi les outrages du temps et d'un certain nombre d'assaillants. Après la guerre de Trente Ans, elle fut démolie et, peu à peu, envahie de lierre. C'est alors qu'on s'avisa que cette bâtisse pouvait avoir une histoire intéressante: il fut imaginé que Roland, neveu de Charlemagne, pouvait avoir passé ici la fin de sa vie en soupirant après sa fiancée, Hildegarde, qui s'était enfermée, après avoir appris la fausse nouvelle de la mort de son promis, au couvent de Nonenwerth, sur l'île du Rhin, pas très loin de l'endroit. L'histoire était charmante. Lorsque la fenêtre par laquelle le vaillant chevalier était censé avoir passé de longues années à tenter d'apercevoir son ancienne promise se fut écroulée, on eut à coeur de la reconstruire. Le plus grand architecte de la région et du moment, celui qui avait ajouté ses tours à la cathédrale de Cologne, Zwirner, dessina le Rolandsbogen, "l'arche de Roland", tel qu'on peut le voir aujourd'hui, c'est-à-dire qu'il construisit en réalité, une ruine. Cela se passait, est-il besoin de le préciser, au XIXème siècle L'endroit, en définitive, ne manque pas de charme, ne serait-ce que pour la vue que l'on a sur la vallée et sur le dernier obstacle que le fleuve s'apprête à franchir, les Siebengebirge.

Nous décidons de parcourir à pied les 2km500 qui nous séparent du Rolandsbogen, depuis le parking, d'autant qu'il fait bon, même si le ciel est un peu menaçant. La promenade dans la campagne est très agréable, et après quelques petites gouttes de pluie, il est déjà temps de chercher un endroit sympathique pour déjeuner.
Notre passage par Bad Godesberg, en voiture, ne nous procure rien de tel, et nous décidons de retourner à Linz pour déjeuner, comme au début de notre séjour, à la "Brauerei Steffens", à Linz.
L'après-midi se poursuit, sans pluie, par la visite des villages des bords du Rhin : Leutesdorf, Rheinbrohl, Bad Hönningen, avec son parc thermal et son centre-ville, où nous achetons un toaster, dont le prix est particulièrement engageant.
Après un bref retour par Linz, pour récupérer une jolie médaille dorée et gravée pour Lakmé (commandée quelques jours plus tôt), Jeannot nous offre un apéritif pour fêter la fin de notre séjour, alors que la température très douce nous incite à poursuivre en dînant dans le parc de l'hôtel.
Mais l'heure tourne, le départ approche et il est bientôt temps de régler nos notes respectives, avec un léger malentendu, quant à l'utilisation de nos cartes bleues VISA, l'hôtelier ne les acceptant, apparemment en règle générale, que pour les ressortissants allemands.

Samedi 11 mai

Ayant profité pleinement de notre dernière journée, il est, par conséquent, nécessaire de se lever très tôt aujourd'hui pour préparer les bagages et charger la voiture.
Après un dernier petit déjeuner, le providentiel Jeannot, toujours aussi expert en chargement de bagages, utilise tous les espaces libres du coffre pour caser valises, sacs et autres achats, et c'est ainsi que nous prenons la route vers 9h00 pour Nancy, où nous devons ramener Andrée et Jeannot, qui doivent reprendre leur train pour Paris.
Nous atteignons Nancy à 12h15 et prenons un en-cas au Buffet de la Gare, accompagné d'eau du robinet !. Pas d'alcool à cette heure on est déjà bien loin de nos Pils teutonnes.
Andrée et Jeannot peuvent prendre un train plus tôt, tandis que nous poursuivons notre route sur Châlon sur Saône, puisque nous avons réussi à obtenir une chambre au "Villages Hôtel".
Après de petits achats alimentaires au magasin "Aldi" de Châlon, situé non loin de l'hôtel, nous nous apprêtons à passer une bonne nuit, avant de reprendre le lendemain la route pour Aix-en-Provence, que nous atteindrons vers 12h30, satisfaits de ce séjour en Rhénanie, même si nous sommes tous, un peu fatigués.
Ce nouveau séjour en Allemagne, globalement très agréable au niveau du temps, nous laisse, une nouvelle fois, un bon souvenir, d'autant qu'il nous permet à tous de passer de bons moments, en espérant avoir à nouveau la chance de découvrir de nouveaux horizons ensemble.
 
 

Revenir "à la découverte …" Lire le Carnet suivant