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Sachant que les magasins ferment à
18h, nous nous hâtons de faire quelques courses, sous une petite
pluie froide, dans le premier SPAR venu, en bord de route, avant de découvrir
quelques mètres plus loin un grand BILLA, trop tard : ce sera pour
la prochaine fois.
Nous empruntons bientôt la route 111, qui mène à notre “Gailtal” (vallée de la Gail), en de majestueux virages verdoyants, avant de filer le long de la rivière Gail, dans une vallée de pices couverts de sapins, coupés de prairies en pente bien tondues, de ce vert presque fluo typiquement germanique. Ah, ce vert, il a un effet immédiat sur mon esprit : apaisement, paix intérieure ! |
| La 111, certes extrêmement pittoresque,
traversant villages pimpants, "gasthöfe" croulant sous les grappes
de fleurs multicolores, grimpant un col à 1500m, redescendant dans
la vallée … est tout sauf roulante : elle rétrécit
soudain sans prévenir, tourne et tourne encore, le revêtement
devenant soudain impeccable puis de nouveau très abimé (ceux
qui voudraient suivre nos traces sont prévenus : c’est beau mais
long !)
Le brouillard s’intensifie alors que nous approchons du but … Après Kötschach, où nous repérons un supermarché BILLA, la route s’élargit. |
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Voici enfin Reisach,
minuscule village de la majestueuse vallée de la Gail, où
nous attend comme promis notre hôtesse, Sylvia, jeune femme avenante
qui revient de vacances … passées dans le “Süd Frankreich”
…
Etrange (quoique logique ?) croisement de nos routes ! Au compteur, 800 km pile. Et nous voila arrivés dans notre nouvelle maison … Juste le temps de constater que le n°91 de la rue … est EN FACE du n° 93 : logique autrichienne ? |
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Mardi 9 septembre
Après une bonne nuit au calme (réveil
à 10h !), le temps de déjeuner, d’émerger et de s’habituer
à une nouvelle maison (avec tout le confort possible) … Et il est
13h30 quand nous partons faire nos courses au BILLA repéré
la veille : un supermarché avec des prix raisonnables - surtout
la marque CLEVER, (au nom flatteur !), de très bons produits à
prix discount - où nous essayons d’acheter “autrichien”, du “speck”
(sorte de lard coupé en tranches très fines) et des yaourts
fait avec du lait de Carinthie …
Attention, ici on ne prend pas les cartes
de crédit étrangères, préparez la monnaie !
| Après un petit repas rapide (le
temps de goûter ces produits “typisch”, très fins et digestes),
nous partons en repérage sur les pistes cyclables, avec les vélos
prêtés par nos hôtes (excellents d’ailleurs), directement
depuis la maison : le temps est couvert, nous ne verrons pas le ciel de
toute la journée mais, chaudement vêtus, quel plaisir d’emprunter
cette toute petite route, qui serpente à travers prés, traversant
des villages où meuglent les vaches, puis pénétrant
dans une haute forêt de sapins noirs - moment d’émotion pour
moi, que de retrouver la mystérieuse et apaisante forêt germanique,
de respirer cet air pur chargé d’odeurs de champignons…
De rêver devant la belle maison blanche à balcons de bois dont la cheminée fume, construite au bout d’un grand pré, à l’orée de la forêt : l’endroit idéal, (dans mes rêves les plus fous !) pour avoir sa maison. |
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Nous arrivons bientôt au début d’un véritable “fahrradweg”, parfaitement asphalté, qui suit en ondulant la rivière Gail, traversant un sous-bois clairsemé, offrant ça et là des tables de pique-nique en bois, et - astucieux - un tronc d’arbre partiellement évidé où insérer sa roue avant … Et vous êtes “garé” ! Nous faisons halte sur un petit pont de bois, le temps de contempler la Gail, d’une transparence vert-pâle de cristal, dont on pourrait compter les cailloux du fond … Merveille de la nature ! En 2 heures, nous croiserons 3 piétons, 2 joggers et un cycliste, qui, tous, (et aussi les paysans du cru rencontrés), nous saluerons d’un souriant (et intraduisible !) “Grüss Gott” : les vacances s’annoncent bien, à notre goût ! |
| Mercredi 10 septembre
Après 11 heures de sommeil (= les vacances !), et un vrai déjeuner complet fait de “Semmel” (petits pains ronds, l’équivalent des “Brötschen” allemands), charcuteries et fromages variés coupés en tranches extra-fines, céréales … le soleil se lève enfin sur la vallée, effaçant les derniers lambeaux de brume, et nous pouvons partir, en “cab”, (toit rangé dans le coffre de notre petit coupé Honda) … |
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… à la découverte
de cette verte vallée si belle ; plate et verdoyante, bordée
de chaque côté de hautes colliines couvertes de sapins et
de quelques pics rocheux impressionnants (les “Karnische Alp”, 2000 à
2500m).
L’air est doux ce matin, comme ce paysage de prairies bien entretenues (les herbes folles, on ne connait pas ici) parsemées de minuscules chapelles, oratoires et Christ en croix qui nous rappellent l’origine catholique de cette région. |
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| Après avoir pris de l’essence à
Kötschach,
où le vieux pompiste vient nous informer que cette pompe est en
panne (et s’il mettait un panneau ?), et avoir noté son regard curieux
sur notre carte de crédit étrangère (mais il la prend,
c’est déjà bien !), nous empruntons la route 110, qui grimpe
en majestueux lacets vers l’Italie et le Plöckenpass.
Si le revêtement est inégal et des virages dangereux non signalés, le paysage est grandiose jusqu’au col (1200m) qui fait aussi frontière : quant au “Freilichtmuseum” (musée en plein air) que nous avions repéré sur la carte, il s’avère réduit à peu de choses, ne présentant que le mécanisme d’un “Seilbahn” (funiculaire) qui fut en service de 1915 à 1917, une chapelle à toit de bardeaux faisant office de monument aux morts et le départ de sentiers de randonnées. |
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Nous nous contenterons ce jour d’aller
(10 minutes de marche) jusqu’au Grünsee (lac vert), artificiel mais
dans un joli cadre, avant d’assister, à notre retour, au transfert
des vaches mugissantes vers l’étable, poussées par trois
vachers en knickers et chapeau tyrolien typiques !
Ambiance champêtre garantie ! Pour rester dans l’ambiance, nous redescendons dans la Gailtal pour remonter en face, par la route du Gailbergsattel, répertoriée comme route “touristique”, jusqu’au col (982m). Déçus car il n'y a rien à voir, si ce n’est une belle forêt de sapins, nous visitons Kötschach, superbe village de la vallée, avec une belle église décorée de fresques. L’occasion de faire quelques photos … |
| Rentrés vers 16h30, nous repartons
aussitôt en vélo, pour découvrir de nouvelles
pistes cyclables, “neu asphaltiert”, le long de la cristalline rivière
Gail.
Au retour, nos hôtes, les Wastl nous attendent, pour nous donner, en un sabir anglo-allemand qu’ils s’obstinent à préférer à l’allemand (c’est pas comme ça que je vais progresser dans la langue de Goethe !!), des indications sur les “choses à voir absolument” dans la région : comme cela ne correspond pas du tout à nos goûts - exemple, “Mini-mundus, les monuments du monde entier en miniature” alors que nous cherchons à découvrir l’Autriche - nous jouons les hypocrites en les remerciant abondamment, et en acceptant leur invitation à un “Kaffee-Kuchen” pour le samedi après-midi ! |
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Jeudi 11 septembre
Levés à 9h30, nous ne mettons
les voiles qu’à midi 30, par un temps mitigé qui devient
vite pluvieux, tandis que nous descendons - en voiture cette fois - la
vallée de la Gail, direction, le Weissensee que les Wastl nous ont
si chaleureusement recommandé.
La route qui y mène est superbe,
bucolique à souhait, les villages que nous traversons coquets mais
… nous franchissons un col sous une pluie furieuse et abordons le “lac
blanc” dans les plus mauvaises conditions possibles : une fois garés,
impossible de quitter la voiture plus de 5 secondes, et déjà
nous sommes trempés comme des soupes.
Juste le temps d’apercevoir le lac, plutôt
gris, qui s’étire en longueur entre de beaux chalets fleuris … Et
nous reprenons la route 100 qui nous fait descendre dans la vallée
de la Drau. Allons donc visiter une ville, va pour Lienz !
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La Drautal,
encore une belle vallée dominée par de majestueuses
montagnes, qui ne sont autres que les Dolomites (2700m) … enneigées
à cette heure : parions que c’est de la neige fraîchement
tombée !
J’ai froid, tout à coup ! Soudain, en face de nous, un morceau de ciel bleu déchire quelques nuages, laissant apparaître une magnifique barre rocheuse éclairée par le soleil : fascinant spectacle … Et bientôt, nous arrivons à Lienz, jolie petite ville de plaine cernée de hautes montagnes, et le ciel se dégage enfin alors que la température est devenue “hivernale” (du moins équivalente à celle de l’hiver à Nice !). |
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C’est vrai qu’en Autriche, on n’est jamais
loin d’une montagne, mais elles sont ici toutes proches et entourent la
ville comme dans un écrin. Une ville au milieu des montagnes.
Sympa, d’ailleurs, la ville de Lienz (cliquez pour visiter Lienz avec moi !), malgré la petite taille de sa rue piétonne, et le côté légèrement “province” de ses boutiques (pas données, en plus, même le Vögele, grande surface du vêtement !). Reste que la pause “kaffee-Kuchen” dans un Konditorei nous laissera par ce froid un agréable souvenir ! |
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Peu après 17h, nous reprenons la route 110, qui monte en larges lacets vers un col, avant de faire un arrêt sur un beau parking d’où l’on a une vue panoramique sur la Drautal : superbe large vallée sur laquelle apparaît un rayon de soleil, illuminant les pics neigeux et faisant flamboyer le vert des prairies. L’Autriche d’après la pluie, dans toute sa splendeur ! |
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Après le col, nous retrouvons la charmante petite ville de Kötschach, (cliquez pour visiter Kötschach avec moi !), où nous faisons quelques photos sous un ciel qui se dégage, des lambeaux de brume traînant encore sur les hauteurs : une superbe église au cadran solaire, plusieurs façades peintes en trompe-l’oeil, dommage qu’il manque une rue piétonne, même si bien sûr la circulation automobile est faible. Puis nous rentrons “zu Hause”, une lumière douce de fin d’après-midi éclairant “notre” inoubliable vallée de la Gail. |
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| A l’heure du diner, nous écoutons
Radio Kärnten, station “typisch”
qui diffuse non-stop des choeurs et musiques folkloriques, morceaux d’accordéon
et de cor dansants et sautillants. Ce sont surtout des “Liebes Lieder”
(chansons d’amour), ce qui nous renseigne un peu sur l’état d’esprit
des Carinthiens (?)
Dommage qu’on ait oublié la bière, pour être totalement dans l’ambiance ! Quant à “notre maison” : elle grande, propre, moderne. Le coin-repas, avec sa banquette d’angle en bois recouverte de tissu est parfaitement germanique, “gemütlich”, même s’il manque la traditionnelle lampe suspendue au dessus de la table. En réalité, il manque à cette maison une “âme”, une touche personnelle (à l’image de la petite maison bleue de l’été dernier) … Et il manque surtout un éclairage intime ou au moins, efficace car il est impossible de lire, les trois spots du plafond étant trop faibles. Pas non plus de fauteuil confortable ni même de canapé : résultat, je suis au lit dès 21 heures ! Sauf s’il y a une émission intéressante à la TV, comme ce soir : sur HR (chaine allemande de la Hesse), un jeu débile à qui coupera une bûche d’un kilo …ou sur RTL2, ces reportages sur des couples qui font construire leur maison : où l’on retrouve les mêmes aléas que partout, malfaçons et déceptions … Ce qui me frappe par contre, c’est la tradition - qui m’avait marquée dans “les Affinités électives” de Goethe - de faire réciter quelques poêmes par un ouvrier en costume … pour faire de ce moment solennel de la “pendaison de crémaillère” une fête à l’allemande - même pour une maison en carton-pâte à monter soi-même ! |
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