Après avoir sacrifié à
l’achat de la vignette d’autoroute (7,6 euros pour 10 jours : moins bien
que les "Autobahnen" allemands, gratuits, comme chacun sait !) … Et nous
voila bientôt arrivés dans une ville, sa banlieue commerçante,
son habitat mélangé (ici pas trop sinistre) et soudain -
flash ! - deux magnifiques clochers à bulbes qui surgissent.
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Rentrés peu avant 19h, nous repartons
en vélo, à toute allure pour résister au froid
qui descend sur la vallée, en même temps que le soleil se
couche : mais nous sommes “accros” à ces parfaites pistes cyclables
si bien asphaltées, et surtout à cette nature si authentique,
ces merveilleux sapins sombres et sous-bois odorants, cette merveilleuse
rivière cristalline … Il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour
que l’envie de prenne de venir vivre dans la Gailtal, j’allais dire au
paradis ?
Mais il faut bien rentrer, diner (de Wurst !) et, par chance, tomber sur la série policière “Siska” … en allemand, natürlich. Où l’on aura la surprise d’apprendre que Siska a une voix grave extrêmement éraillée par la “clope” et Lorenz, une magnifique voix de basse … des contrastes étonnants avec la VF ! |
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Après un morceau d’autoroute, nous sortons à Gmünd, pour une première visite rapide (notre RDV de 16h30, contraignant forcément), de cette petite ville qui nous plaira beaucoup, surmontée par son château imposant, en ruines mais avec de beaux restes qui se visitent. De là-haut, vue superbe sur Gmünd et son clocher à bulbe. Nous sommes ramenés sur terre bien
vite quand, en arrivant à la voiture, nous la retrouvons avec la
vitre arrière … entièrement “étoilée” : après
avoir cru naïvement, de loin, que c’était du givre, nous comprenons
que la vitre s’est brisée en mille morceaux, toute seule, durant
notre absence !
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Quant à la cause, nous en restons
perplexes : tout de même pas du vandalisme, dans ce beau pays si
tranquille ??? Ou alors un excité xénophobe qui aurait une
dent contre les Français ???
Après le réservoir percé
de l’année dernière (lire mon carnet de route 2002) décidément,
le sort s’acharne contre nous, en Autriche !
Nous décidons de rentrer pour demander
l’aide des Wastl : et c’est ce que nous faisons, guettant les bruits suspects
en provenance de la vitre arrière, qui se désagrège
peu à peu avec un bruit cristallin (verticale, elle est sensée,
en temps normal, monter et descendre par une commande électrique).
C’est avec un beau trou dans la vitre
que nous arriverons à Reisach, devant nos hôtes qui en resteront
bouche bée : mais grâce à eux, nous avons rendez-vous
lundi au garage le plus proche, qui pourra nous commander une vitre neuve
chez Honda.
Que cela ne nous empêche pas de
déguster notre “Kaffee-Kuchen” offert par les Wastl, sous la véranda
de notre maison : et c’est dans un sabir anglo-allemand qu’ils nous racontent
leurs dernières vacances en France, nous demandant conseil … Bon
prétexte pour rire ensemble, de nos prononciations respectives !
Merci à eux de leur aide, et de
nous avoir prêté leur garage pour abriter notre pauvre Honda
handicapée !
Dimanche 14 septembre
Ce matin, nous déjeunons en écoutant
… la messe (en allemand) sur radio Kärnten !
Décidément, une région
croyante et attachée à ses traditions …
| Sans voiture, nous partons donc pour une
longue ballade en vélo,
par un temps par chance magnifique et une température estivale :
merveilleux souvenir que ces 3 heures passées à se ressourcer
dans cette nature préservée, loin, si loin des voitures et
du stress !
A croiser juste quelques cyclistes du dimanche, qui, TOUS, nous saluent d’un chaleureux “Grüsss Gott” ou, pour les plus pressés, d’un “Gott” tout court. A respirer un air pur, à admirer surtout cette rivière transparente, opaline, que le soleil fait scintiller si joliment : ach, so schöne Fluss ! Ces centaines de kilomètres de pistes cyclables, qui longent la rivière au milieu de champs cultivés et traversent de petits villages fleuris et charmants, sont assurément un des grands atouts de la Carinthie, région méconnue des Français … mais apparement appréciée des Allemands. |
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A 16 heures, nous sommes de retour à
la maison, pour un déjeuner rapide, sur le balcon, sous un soleil
paradisiaque (30° !).
Je remarque, en arosant les plantes du balcon, que la rembarde de bois sombre ouvragé, comprend une planche supplémentaire à rebord, destinée à accueillir les jardinières … Voila une idée pratique, et qui expliquerait pourquoi TOUS les balcons d’Autriche (et des pays germaniques en général) sont fleuris ! Pas encore fatigués, nous faisons un tour à pied dans Reisach, charmant village encore agricole, où l’on peut admirer, outre une belle église blanche perchée, vaches et moutons dans les prés … sans oublier ces hangars faits de poutres horizontales, servant aussi de séchoirs à céréales typiques de la Carinthie. Typiques également, les “Bildstöcke”, sortes de bornes à toit pointu dont les alvéoles sont peintes de scènes religieuses par des peintres du terroir. |
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Quand le soleil se couche, et que le froid
tombe d’un coup, nous rentrons “zu hause”.
Ce soir, j’essaie de lire “Brigitte”,
malgré le mauvais éclairage : Je remarque en particulier
un article décrivant longuement les différentes étapes
de la vie d’un couple, depuis le “Verliebheit” (l’état amoureux)
jusqu’au Babyschock” en passant par “hallo, Alltag” !
Conclusion de Brigitte : “die Sehnsucht
nach Liebe steckt in uns allen” (le désir d’amour se cache en chacun
de nous).
Des vérités simples et évidentes
- bien éloignées des sujets à sensation de notre presse
féminine, du type “l’orgasme qui dure 60 minutes” ou “maitresse
d’un homme marié, pour ou contre ?” !!!
Après diner, nous assistons à
la TV allemande à un défilé en costumes de toutes
les époques de la moindre petite ville de Forêt Noire : c’est
la vieille Allemagne qui défile avec un incroyable luxe de détails
(comme ce chapeau fait de boules de verres colorées qui pèse
… 2 kilos !). Un brin kitsch mais si “typisch” !
Je remarque au passage, encore une fois,
les voix graves des hommes : est-ce que c’est la langue allemande, et ses
sonorités, qui oblige à parler dans les tons graves
… Ou alors, sont-ils tous aussi virils qu’ils en donnent l’impression ?
Lundi 15 septembre
L’intérieur de la Golf me frappe
par sa géométrie très “Bauhaus”, tandis que le “super
moulin” séduit M., d’autant qu’elle ne consomme rien - même
si nous constaterons ses limites en virage serré. Ma conclusion
de non-experte : la Golf TDI, un petit paquebot d’autoroute mais pas faite
pour les routes sinueuses de montagne !
Car il faut dire que la route que nous
avons choisi, par Bad Bleiberg, n’est pas facile, inégale, par endroits
refaite, à d’autres tressautante et pleine de mauvais virages non
signalés …
Nous retrouvons bientôt l’Autobahn,
qui longe le fameux Wörthersee, 17km de long - qu’on aura aperçu
de loin, entre deux murs anti-bruit : pas le temps de s’y arrêter,
ni vraiment l’envie de voir Velden, la ville des casinos tant vantée
par nos hôtes (les lecteurs interessés pourront lire à
ce sujet le carnet
de voyage de Cécile en Carinthie !).
A l’approche de Klagenfurt, des “gendarmes”
nous font signe de ralentir … Et pour cause : sur la file de gauche de
l’autoroute, des voitures sont … GARÉES, tout simplement !!!
D’ailleurs, l’autoroute se termine, sans
plus de chichis … à un feu rouge. Il faut l’avoir vu une fois dans
sa vie … !
En fait, nous l’avons déjà
vu … aux Pays Bas, une autoroute qui s’interrompt, sans crier gare, sur
un rond-point.
Sur ce, nous décidons, un peu par
caprice, d’éviter la grande ville de Klagenfurt, capitale du Land
de Carinthie (les lecteurs intrigués liront avec profit le carnet
de voyage de Cécile sur ce sujet !) …
Garés tout en bas, nous montons
à pied le long chemin circulaire qui mène … à un vaste
parking, mais surtout à un guichet où nous apprenons que
l’entrée coûte 7 euros par personne … mais surtout qu’il n’y
a pas grand chose à voir, l’intérieur ne se visitant pas,
si l’on en juge par les photos et livres exposés : juste des remparts,
des portes, une chapelle …
Ce genre de commerce touristique nous
rebutant quelque peu, nous décidons de chercher un autre château
plus intéressant : ce qui se révèlera impossible,
les indications de mon Michelin n’étant pas suffisantes …
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Bon, allons visiter la ville de Sankt
Veit : là, bonne surprise, voila une charmante petite ville,
belle, propre et fleurie, aux superbes façades de couleurs pastel,
où nous dégusterons, à la terrasse d’un Konditorei,
un sublime (osons le mot !) gâteau “typiquement germanique”, énorme
et aérien, composé de quelques framboises fraiches recouvertes
d’une montagne de crème aérienne coiffée d’un léger
biscuit et servi avec un cappucino …
De quoi se remettre de nos (toutes petites) déceptions et nous donner la force de visiter le petit musée des transports (3 euros) bien sympa. Avant de flâner dans la rue piétonne de Sankt Veit, par un soleil radieux : un superbe souvenir ! |
Vers 17h30, nous retrouvons notre Golf
TDI, direction Feldkirchen, à travers une campagne vallonnée,
cultivée, habitée … et broutée par les vaches tâchetées
!
| Longeant l’Ossiachersee,
que nous trouvons charmant malgré l’avis négatif de Sylvia
Wastl (qui préfère St Tropez !), nous faisons un arrêt
pour quelques photos, le temps d’admirer, de loin, un superbe château
fort perché sur la colline ainsi que quelques belles maisons les
pieds dans l’eau : un petit paradis !
De retour “zu Hause” à 19h30 …
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Mardi 16 septembre
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Nous décidons de nous lever tôt
pour notre dernier jour : c’est donc à 11h45 (!) que nous quittons
la maison au volant de notre TDI, décidés à revoir
Gmünd et son Musée Porsche.
En empruntant un nouvel itinéraire, petite route de col dans les sapins, avant de retrouver l’autoroute, sortie vers la “Maltatal” (vallée de la Malta), où j’ai repéré une “route panoramique” : est-elle payante, à l’image des grandes routes touristiques de montagne autrichiennes, nous ne le savons pas encore. Allons-voir, cette vallée se trouvant
juste au dessus de Gmünd. Après avoir failli écraser
deux moutons qui traversent tranquillement la route devant nous, nous arrivons
bientôt … à un péage : 14,5 euros pour 18km de route,
où l’on monte à 2000 mètres pour trouver … un restaurant
panoramique …
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| D’ailleurs, entre parenthèse, je
n’apprécie pas trop cette idée de faire payer une route sous
prétexte qu’elle est “panoramique” : l’arrière-pays niçois
(un exemple au hasard !) regorge de ce genre de “curiosités” (sans
parler du col du Restefond, à près de 2900m), toutes plus
gratuites les unes que les autres.
Nous nous rabattons donc sur Gmünd,
une vraie merveille également, et libre d’accès.
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Ensuite, direction le Konditorei, où nous nous retrouvons devant d’énormes (autant que sublimes, les meilleures de notre séjour, qu’on se le dise !) “Erdbeernusstorten”, dégustées au milieu d’un océan de têtes blanches descendues d’un car de tourisme ! Et nous repartons explorer Gmünd, ses bâtiments historiques très anciens, bien que repeints de neuf, ses façades pastel pimpantes, aux tons doux : eine so schöne Stadt ! C’est l’heure de reprendre notre Golf pour le rendez-vous avec le garage Schwarz, à 17 heures. Nous arrivons à l’heure pile, tels des clients germaniques types, pour payer la facture (510 euros mais c’est l’assurance qui rembourse). Réparation nickel, service impec, nous remercions Herr Schwarz en anglais, le gratifiant d’un “very professionnal” qui semble lui faire plaisir. Vu son physique américain, et son t-shirt “Chicago”, il doit être aux anges ! |
Il nous reste encore le temps de repartir
en
vélo, pour une dernière ballade au soleil déclinant,
le temps de dire “adieu” à la rivière Gail et à cette
vallée romantique qui, je le sens, va bientôt nous manquer
…
| A 20h, arrive comme prévu Sylvia
avec “die Rechnung” (l’addition !) à payer = 36 euros par jour plus
… 20 euros d’électricité pour 8 jours (c’est cher, l’électricité
en Autriche, ou je ne m’abuse ?)
Sylvia nous raconte ensuite que cette merveilleuse “Gailtal” n’est en réalité pas aussi riche qu’elle en a l’air : travaillant au tribunal de commerce, elle est bien placée pour savoir que les faillites sont nombreuses (beaucoup de petites boutiques ferment) et le chômage important, obligeant les jeunes à s’exiler à la ville. Son frère qui a sa maison ici travaille chez BMW … à Munich (350 kilomètres, aller-retour chaque semaine !!!). Restent les touristes - surtout Allemands - les seuls Français qu’elle ait vu avant nous, c’était des parisiens … il y a 10 ans ! Français si vous saviez … comme est belle la Carinthie ! Mercredi 17 septembre Levés avec le soleil, le givre couvrant
encore les prés, nous avons l’heureuse surprise de trouver, à
l’heure du départ, sous l’essui-glace, la bâche en plastique
que le garage Schwarz avait oublié de nous rendre hier : sympathique
attention, qui nous évite d’y repasser : “prima”, Herr Schwarz
!
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